Val Susa, guérilla forestière et perquisitions à la veille de la manif du 30 juillet

Publié le par nidieuxnimaitrenpoitou.over-blog.com

En 10.000 pour la journée finale du camping NO-TAV

Aujourd’hui [30 juillet] un grand cortège a traversé à nouveau la Val Susa. Environ 10.000 personnes ont voulu ainsi soutenir le mouvement contre la Haute Vitesse après une saison de mobilisation extraordinaire.

À remarquer encore une fois la densité de cette monstre manif, à démonstration de la solidarité et participation des gens de la vallée qui ne se sont pas du tout laissées terroriser par la propagande des journaux de tous bords et par les déclarations des partis de la gauche qui ont invité les gens « à rester chez eux ».

A SARA DURA !!

Le Réveil, 30 juillet 2011.

 

Perquisitions en série après la nuit de guérilla

Dans la mire, les maisons de sept activistes : confiscation d’une arbalète, de lance-pierres, et de masques à gaz. Deux perquisitions requises par le procureur, les autres à la demande des enquêteurs en vue de la manifestation de demain après-midi sur le chantier. Le député du Parti Démocratique Esposito : « La magistrature et le ministère de l’Intérieur interviennent ».

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Après la dernière nuit de guérilla au chantier de Chiomonte, ce matin [29 juillet], à l’aube, une série de perquisitions s’est déroulée parmi les anarchistes, autonomes et personnes historiques du mouvement No TAV. Il y a eu sept maisons passées au peigne fin entre Turin, le Val Susa et le Canavese [nord-est de Turin]. Une arbalète, deux lance-pierres et quelques masques à gaz ont été confisqués. Des vestes avec des pierres dans les poches ont également été trouvées.

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Le matériel a été découvert au cours de deux des sept perquisitions. Les cinq autres perquisitions n’ont pas donné de résultats. L’opération conduite par les agents de la Digos, et coordonnée par le sous-préfet Cecilia Tartoni, est une manœuvre préventive pour préparer « l’alerte rouge » de la journée de demain.

(…)

Demain [30 juillet], une nouvelle mobilisation du mouvement « No TAV »  se tiendra, avec une retraite aux flambeaux autour du chantier, et la possibilité d’un nouvel assaut sur la zone de la Maddalena.

Traduit de l’italien (leur presse – Erica di Blasi, La Repubblica), 29 juillet 2011.

 

Frondes et masques à gaz saisis chez les No TAV

La police routière arrête une voiture chargée d’équipement offensif : les manifestants feraient l’acquisition de casques et gants de protections pour préparer la manifestation de demain soir à Chiomonte.  Les masques sont en rupture de stock chez de nombreux commerces de sécurité à Turin.

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Lance-pierres, casques, billes de métal et masques à gaz. Selon la police, les contrôles ces derniers jours chez plusieurs commerces de la Val Susa et de la première ceinture de Turin démontre un boom des ventes de matériel de chantier : casques et masques à gaz bien sûr, mais aussi gants renforcés, cisailles et torches dont une partie des No TAV s’équipent en vue de la manifestation et des éventuels affrontements. Les magasins de sécurité ont également reçu des dizaines de demandes pour des lance-pierres et des billes de métal.

« Une demande très significative — ironise le responsable d’un commerce de Turin Sud — au point que nous avons pensé amener un stand pour le week-end à Chiomonte ». La marche de demain, qui partira en début d’après-midi de Giaglione, devrait rassembler un grand nombre de manifestants, qui cette fois-ci par contre seront préparés. « À présent, je suis prêt — explique un commerçant de matériel de protection de Borgo Vittoria. Donc : des masques avec deux filtres pour ne pas respirer les lacrymogènes et une paire de lunettes pour se protéger des brûlures. D’habitude, on les achète quand on passe de l’enduit sur la maison, mais ces derniers jours, il y a eu un va-et-vient de personnes qui disaient aller à Chiomonte. Je n’ai jamais tant vendu : j’ai même dû en recommander plusieurs fois. »

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Et pour qui ne peut venir de la vallée, il y a des groupes d’achats collectifs. Après que les agents de la Digos, coordonnés par le sous-préfet Cecilia Tartoni, ont mis la main, dans la journée, sur diverses armes dangereuses, hier la police a intercepté un stock de « matériel d’offensive » : 57 masques à gaz — dont chacun coûte une cinquantaine d’euros pour une valeur totale de près de 3000 euros —, 118 filtres, un gros lance-pierres et 96 billes de plomb de 8 grammes chacune. Tout ça à bord de la voiture d’un Turinois de 46 ans, arrêté pour un contrôle sur le périphérique au croisement avec l’A32 en direction de Suse. Le « coursier », un membre du « Comité de lutte populaire contre la grande-vitesse », a été mis en examen, mais laissé en liberté, pour port abusif d’objets destinés à l’affrontement.

La tension à Suse demeure grande en vue de la manifestation de demain. Hier, les carabiniers ont arrêté un No TAV qui, avec d’autres compagnons, ont manifesté devant l’Italcoge [une des entreprises qui travaille sur le chantier] et l’ont emmené au commissariat pour lui signifier un avis d’expulsion. Le groupe, une vingtaine de personnes en tout, n’a pas accepté la décision et a manifesté son désaccord devant le commissariat.

Traduit de l’italien (leur presse – Erica di Blasi, La Repubblica), 29 juillet 2011.

 

No TAV : Le chantier de Chiomonte attaqué, 6 blessés parmi les forces de police

Turin, 29 juillet. Au moins 200 personnes, du milieu radical, de la mouvance autonome et anarchiste, la plupart équipées de casques et de masques à gaz ont simulé, vers minuit, une sorte d’encerclement du terrain sous contrôle de la police, et ont attaqué le chantier sur deux fronts : la zone archéologique et la zone sous le tunnel autoroutier de la A32.

Les manifestants ont lancé sur les forces de l’ordre des grosses pierres, des pétards, des fumigènes, quelques pétards artisanaux et de nombreux feux d’artifices. (…)

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Voir une vidéo ici

Traduit de l’italien (leur presse – AGI.it), 29 juillet 2011.

 

Échauffourées près d’un chantier du TGV Lyon-Turin

Six policiers ont été blessés lors d’un affrontement avec des opposants italiens au projet.

Six policiers ont été blessés au cours de deux heures d’échauffourées dans la nuit de jeudi à vendredi, avec deux cents opposants au chantier de la ligne à grande vitesse Lyon-Turin dans le val de Suse à Maddalena di Chiomonte (nord), a indiqué l’agence italienne Ansa.

Coiffés de casques et le visage caché par des masques à gaz, les manifestants ont lancé des pierres, des billes métalliques, des fumigènes et des boulons contre les forces de l’ordre, qui ont répliqué avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes. L’autoroute A32 entre Turin et Bardonecchia est restée fermée à la circulation durant les incidents et a été rouverte au trafic aux environs de 3 heures.

Vendredi matin, la police a procédé à une dizaine de perquisitions au domicile de personnes soupçonnées d’appartenir à la mouvance des opposants. Début juillet, de violents affrontements avaient déjà opposé manifestants et forces de l’ordre sur le chantier d’un tunnel, faisant plusieurs centaines de blessés. Ces violences avaient été dénoncées par l’ensemble de la classe politique.

La France et l’Italie ont signé en 2001 un accord pour la construction de la ligne de TGV Lyon-Turin. Cette ligne, jugée stratégique pour le réseau européen et subventionnée par l’UE, raccourcira le trajet entre Paris et Milan à 4 heures, contre 7 actuellement, mais suscite une forte opposition dans le val de Suse.

Leur presse (Agence Faut Payer), 29 juillet 2011.

 

Un autonome apportait les « armes » en Val Susa

Nouveaux affrontements au chantier du TAV. Hier soir, vers minuit, près de 300 encapuchonnés, à la fin d’une énième marche de protestation organisée à Chiomonte, ont commencé à lancer des pétards artisanaux, des pierres et des boulons contre les forces de l’ordre qui contrôlent la zone. Divisés en trois fronts, les radicaux se sont déplacés de la zone du camping vers la partie la plus rapprochée de la zone de l’autoroute, selon des témoignages récents. Police et carabiniers ont riposté avec des canons à eau et des lacrymogènes. Les affrontements se sont poursuivis pendant plus d’une heure.

L’énième soir de tension a été précédé par la mise en examen de Silvano Raise, 46 ans, Turinois, arrêté la nuit précédente sur le périphérique, au croisement avec la A32 en direction de Suse. L’homme, un personnage connu dans le  milieu des centres sociaux turinois, ferait parti du CLP, le Comité de Lutte Populaire basé à Bussoleno, section anti-TAV valsusinaise de l’Askatasuna [un centre social occupé de Turin]. Raise, déjà connu de la Digos les mois précédents lors des manifestations contre le nucléaire à l’occasion de la visite du Premier ministre à Turin, était au volant de sa Ford Focus. Les agents de la police routière, qui ont intensifié les contrôles ces derniers jours, l’ont arrêté au cours d’une vérification de routine.

La voiture était remplie à ras bord de boîtes. Elles contenaient des masques à gaz sophistiqués, la plupart de marque Willson Max. Chacun coûte 88 euros et 23 centimes. En tout, près de 70 exemplaires, tout justes achetés, selon le même Raise, « dans un commerce de banlieue ». Puis un lance-pierres avec encore l’étiquette du prix, et 98 projectiles de plomb, de 8 millimètres de diamètre. Meurtriers si lancés à courte distance, pouvant provoquer des lésions graves. Raise est mis en examen pour « possession d’instruments visant à blesser ». Hier le matériel confisqué aurait dû être livré, toujours selon l’ex-barman (depuis plusieurs années dans un local connu du milieu radical turinois), à l’intérieur du « campement résistant » de Chiomonte. Sur le site No TAV, l’histoire est commenté de manière assez diverse. Pour certains, il s’agirait d’une mesure (l’achat de masques à gaz, pour une valeur de 5000 euros) « d’autodéfense » contre les gaz lancés par les forces de l’ordre après les épisodes de violence et de guérilla survenus les jours précédents aux alentours du chantier, où les travailleurs œuvrent à plein régime pour terminer l’infrastructure en vue des prochains travaux. Sur le lance-pierres et les projectiles, à l’inverse, silence mortuaire. L’enquête menée par la Digos, et coordonnée par le sous-préfet Cecilia Tartoni, est en cours pour déterminer la provenance de l’argent utilisée pour acheter les masques à gaz.

Sur le front politique, la conseillère régionale aux transports explique : « Nous évaluons la possibilité pour la Région de nous constituer partie civile en complément de l’initiative du syndicat de police. Les violations répétées de la loi ont provoqué des coûts importants pour les réparations, mais aussi une dégradation de l’image du Piémont, avec toutes ces photos et vidéos qui ont fait le tour du monde. » Un document, signé par le Comité civil No TAV, répond à la déclaration  du coordinateur régional du SEL [Sinistra Ecologia Libertà], Antonio Ferrentino, qui avait invité les institutions de la vallée et le président de la Communauté de la Montagne, Sandro Plano, à se « dissocier de la violence ». L’appel déclare : « Nous stigmatisons toute forme de violence ». Agostino Ghigli (PDL [Peuple de la Liberté]) et Stefano Esposito (PD [Parti Démocratique]) dénoncent le risque de nouveaux incidents à la manifestation de demain. Esposito confirme la nécessité de mettre en place des « mesures exceptionnelles pour contrer les vandales ».

Traduit de l’italien (leur presse – Massimo Numa, La Stampa), 29 juillet 2011.

 

Perquisitions au sein du mouvement No TAVNoTAV.info, 29 juillet 2011.

Jamais deux sans trois, le comité de lutte populaire de Bussoleno attaquéNoTAV.info, 28 juillet 2011.

Un No TAV accuse la police : J’ai été touché en pleine face par un lacrymogène – Leur presse (La Repubblica), 28 juillet 2011.

21 dénonciations et avis d’expulsion contre la résistance valsusinaiseInforma-Azione, 27 juillet 2011.

 

Trente : un relais de téléphones portables incendié en solidarité contre le TAV

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1311997261.jpgUne traînée de feu de plusieurs dizaines de mètres de haut. C’est ainsi qu’un incendie a détruit, dans la nuit de dimanche à lundi, l’antenne de la compagnie Vodafone située via Fersina, à deux pas de Dolimiti Energia. Des flammes alimentées par une bouteille d’essence, et sur place, entre vignes et épis de maïs, un papier avec la revendication : « L’imprévisibilité de la vie vous prendra avec le feu ». Et puis « No TAV », « No nocività » [Non au TAV, Non aux nuisances] (déjà retrouvé comme signature à Rovereto lors de l’attaque incendiaire d’il y a dix jours sur un chantier ferroviaire], et « contre la domination et le contrôle », puis « liberté pour pour Billy, Costa et Silvia ». Un tract écrit à la main avec une calligraphie rectangulaire, qui rappelle les textes des années du terrorisme (sic) [c’est-à-dire tracée au normographe, cette petite règle d’école en plastique coloré avec des lettres et des chiffres NdT]. Une écriture, surtout, qui rend pratiquement inutile une possible expertise calligraphique.

L’enquête des carabiniers, en phase initiale, est ouverte, mais la piste anarchiste semble la plus probable. Parce que par le passé déjà, des relais de téléphones portable avaient été pris pour cible.

Selon les premières hypothèses, ceux qui ont mis le feu avaient des bouteilles d’essence, ont coupé le grillage d’enceinte puis on baigné le relais de liquide inflammable. Une petite flamme a ensuite suffit à allumer l’incendie qui a ensuite dévoré toute l’antenne. La chaleur a brûlé le caoutchouc qui recouvrait les fils, rendant de fait inutilisable le relais et provoquant des milliers d’euros de dommages.

Traduit de l’italien à partir d’un article local reproduit sur Informa-AzioneBrèves du désordre, 27 juillet 2011.

 

Val Susa : sabotage contre un collabo du chantier, et dissociation sur le site du mouvement No Tav

La nuit dernière vers 4 heures, Italcoge, une des entreprises qui travaillent sur le chantier du TAV, a été attaquée. Des vandales ont mis le feu à cinq camions garés devant le siège de Susa. Pour entrer dans la cour, ils ont forcé un portail. Après avoir mis de la « diavolina » sur les pneus [c’est-à-dire des allume-feu, ou des ZIP, Ndt], ils ont ensuite mis le feu : un camion est complètement détruit, un autre gravement endommagé et trois autres légèrement. Après les attaques contre le chantier, il s’agit du premier raid contre l’entreprise valsusine. Il y a quelques temps, un des associés fondateurs d’Italcoge, Ferdinando Lazzaro, avait été agressé dans la rue par des manifestants qui l’avaient envoyé à l’hôpital avec une fracture du coude.

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Le mouvement No Tav, sur son site officiel, nie son implication dans le raid : « Nous pensons que ce geste n’est pas favorable au mouvement No Tav, mais au contraire, un dommage et une manière d’intervenir dans la lutte qui n’est pas la nôtre. (…) Cet acte va dans le sens opposé des initiatives No Tav, qui font de la participation et de la résistance de masse le nœud central d’une bataille qui ne fait de cadeaux à personne… »

Traduit de l’italien à partir d’un journal local, reproduit sur Informa-Azione, 25 juillet 2011.

NdT : La messe est dite ! À chacun de se prononcer clairement sur ce sabotage et la réaction de tous ceux qui s’occupent du site para-institutionnel du mouvement No Tav, qui continueraient de l’utiliser, de lui envoyer des textes ou d’en traduire (notamment en France, sans au minimum préciser qu’il s’agit d’un site de collabos du pouvoir).

Et puis basta sur cette « masse », ce « peuple » de la vallée qui résisterait tous ensemble… D’abord il y a des pro-Tav dans la vallée, et puis certains de ceux qui sont contre ne résistent pas. Enfin, il y a surtout la question du pourquoi, pour tous ceux qui résistent. Des pourquoi qui peuvent plus ou moins bien cohabiter selon les goûts, en tout cas plus jusqu’à ce que les uns se dissocient des autres, en les désignant aux flics : selon ces balances, les auteurs inconnus de cette attaque réussie et bien ciblée seraient ceux qui ne font pas de « la masse » l’apha et l’omega de leurs idées et de leurs pratiques, ceux qui pensent que les attaques à quelques-uns ne sont pas incompatibles avec les rassemblements ou les manifs à beaucoup. Suivez leur regard…

Cette pratique de dissociation (ou distanciation selon les cas) et ses conséquences (désigner au pouvoir qui réprimer pour sauver son propre cul), n’est pas un cas isolé, elle est plus qu’habituelle à l’intérieur de toutes les luttes « populaires », au moins depuis les années 70. À chacun de tirer les conséquences pratiques contre ces ordures (les gestionnaires de www.notav.info, puisque ce communiqué est signé directement du site) et leurs amis : d’un côté ceux qui le défendent, d’un autre ceux qui, en ne rompant pas publiquement et clairement avec eux, contribuent socialement à leur pouvoir de nuisance…

Brèves du désordre, 29 juillet 2011.

 

lu sur le jura libertaire

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