Pussy riots for ever

Publié le par nidieuxnimaitrenpoitou.over-blog.com

[ndlr : nous avions déja évoqué les pussy riot sur ce blog,
voici une présentation par elles même]

Le texte qui suit a été refusé par les amis d'Article11, qui le trouvaient trop confus. Tout comme moi, les références religieuses les défrisaient, mais je considère quand même que c'est un document passionnant sur les oppositions d'aujourd'hui en Russie. Vraiment dommage que mes amis, parfois, errent: le soutien aux dissidents d'aujourd'hui devrait l'emporter sur les réserves quant à leur confusion idéologique

(sinon, comment aurions-nous pu soutenir ce curé nationaliste de Mandela,

ou ce proto-léniniste de Mumia Abu Jamal ou ce proto-stalinien de George Ibrahim Abdallah?).


Inculpées d'hoolighanisme, Мaria Alekhina et Nadezhda Tolokonnikova encourent 7 ans de prison. Elles sont accusées d'être membres du groupe punk Pussy Riot, ("émeute de la chatte", pour les non-anglophiles: et il ne s'agit pas de l'animal) qui a multiplié les interventions musicales et agit-prop de la place Rouge à la cathédrale Saint Sauveur, où elles ont demandé à la Vierge Marie de les débarrasser de Poutine.

Leur chanson "Poutine a pissé dans son froc" est un tube. Grâce à la traduction du russe de Thierry Marignac (1), lisons la  prose délicieuse de la plus belle jeunesse russe. Illustrée de quelques images des Pussy Riots en action

(1) poète, auteur de romans noirs, traducteur du russe et de l'anglais, fin connaisseur de l'ex-empire soviétique et des banlieues américaines, dernier livre paru: Milieu hostile , voir son site 

 

 

 

 



Article du blog féministe du groupe punk russe Pussy Riot.
8 mars, 2h 18.
Notre réponse à la répression revancharde — Journée internationale de solidarité des Femmes.
         Il y a déjà longtemps que notre groupe déclenche la colère et l’ire du pouvoir, surtout pour son interprétation de la chanson Poutine a pissé dans son froc. Les chefs d’accusation présents font partie d’une campagne de calomnie, manifestement orchestrée pour des raisons politiques, qui, comme tout le monde a déjà pu le constater, n’a absolument aucun rapport avec la religion. « Les sentiments religieux des croyants », ne sont ici qu’une couverture formelle. À présent le pouvoir ne cache même plus ses projets machiavéliques, introduisant un nouveau chef d’accusation « Appel à l’extrémisme » on désigne ici clairement la chanson Poutine a pissé dans son froc,  qui commence par les paroles : « Révolte en Russie… ».
         Il est clair que nous avons fait subir au pouvoir, avec nos concerts illégaux, des pertes de prestige à deux niveaux, coups portés à ses deux symboles principaux — la cathédrale de Moscou et la Place Rouge. En réponse , le pouvoir en la personne de Poutine président pour l’éternité, et du patriarche Cyrille, a réagi immédiatement et brutalement.
         Pendant ce temps, les jeunes femmes qu’on accuse de faire partie de notre groupe poursuivent leur grève de la faim, et le directeur de la maison d’arrêt (SIZO) refuse maintenant de leur faire parvenir, leurs affaires personnelles, des livres et des draps.
         Tout ces évènements confirment que le patriarcat de l’église russe s’avère être à son tour un instrument de contrôle politique et de la répression des  citoyens et activistes indésirables aux yeux de Poutine. Mais notre groupe n’a aucune intention  de déposer les armes ni de cesser son activité. Nous avons déjà écrit une nouvelle chanson. Nous suivons pour l’instant la situation, et choisirons le moment adéquat pour l’interpréter, nos forces sont en ce moment mobilisées entièrement pour la défense des filles en détention.
         C’est stupéfiant, mais les gens qui accusent ces jeunes femmes sont en contradiction manifeste avec les opinions qu’ils prétendent défendre en emprisonnant les mères de deux enfants en bas âge, qui devraient être aux yeux de leur hiérarchie aussi sacrées que la Vierge Marie. Nous considérons que n’importe quel individu emprisonné souffre en prison (ou en maison d’arrêt SIZO) indépendamment de son genre sexuel, de ses particularités ou de son absence d’enfants. Nous sommes contre l’approche sexiste du soutien aux prisonniers politiques et nous demandons l’aide de tous ceux à qui leur sort n’est pas indifférent pour mettre un terme aux mesures de persécution de deux personnes présentement derrière les barreaux, indépendamment de leur célébrité médiatique, de leur genre sexuel et de leur statut de mères.
         À tous ceux qui se déchaînent rageusement contre nous, nous déclarons une fois de plus que notre groupe est dépourvu de leaders tout autant que d’idéologues, nous sommes par principes opposées à la hiérarchie, le groupe ne compte comme membres que les filles qui montent sur scène, et qu’il ne compte aucun membre masculin. En revanche nous comptons de nombreux amis, parmi lesquels l’activiste Piotr Verzilov, que nous remercions pour son aide à l’organisation  de la manifestation du 8 mars.
         Nous remercions tous ceux qui nous soutiennent  et nous aident dans la défense des emprisonnées pour les actes que nous revendiquons.
         PS. Nous ne fournirons pas de jolies photos des jeunes femmes sous les verrous, elles sont dignes d’être défendues indépendamment de leur apparence physique.
         Avec nos saluts chaleureux, Pussy Riot.
         Le film des évènements :
1.    Hier, 3 mars, vers 17 heures, près de la station Biegova, plus de trente agents du Centre de répression de l’extrémisme, de La Police criminelle de Moscou et du FSB ont mené une opération spéciale au cours de laquelle, à la veille des élections ont été arrêtées deux jeunes femmes que l’enquête considère comme membres du groupe Pussy Riot. La qualité et l’agressivité  participant à la détention de celles que l’enquête considère comme membres de Pussy Riot, témoigne du fait que les organes de sécurité avaient la certitude de détenir des terroristes déterminées à troubler les élections présidentielles et à déstabiliser le pays. Avec les deux jeunes femmes, on a arrêté également l’activiste Piotr Verzilov, venu voir son épouse Nadia, et une autre jeune femme.
2.    À quatre heures du matin, après un interrogatoire de sept heures dans le bâtiment de la direction centrale des affaires intérieures sous l’œil attentif des agents les plus haut placés du Centre E, la brigade de quatre enquêteurs des affaires particulièrement graves a laissé entendre que l’affaire se trouvait sous le contrôle de la personnalité la plus haut placée, et qu’en conséquence, Ils s’apprêtaient à envoyer derrière les barreaux les mamans de deux enfants en bas âge — Maria Alexina, et Nadiejda Tolokonnikov, membres présumées de Pussy Riot, présentant sans conteste un danger pour la société.
3.    Les deux jeunes femmes arrêtées hier et soupçonnées d’appartenance au groupe Pussy Riot Nadiejda Tolokonnikov, la mère de Guera, quatre ans, et Maria Alexina, mère de Philippe, 5 ans, ont commencé une grève de la faim avant d’être envoyées en détention suite aux déclarations des enquêteurs selon lesquelles l’ordre de les y placer venait des plus hautes sphères. Nadia et Maria sont à présent en maison d’arrêt au 38 rue Petrovka attendant le procès en mesure de répression, qui  devra soustraire ces mères à leurs deux enfants en bas âge.
4.    Nous solistes et amis de Pussy Riot  ne sommes pas moins choqués du fait que les services spéciaux, l’œil collé aux grandioses falsifications et au carrousel se préparent à envoyer deux jeunes femmes en prison  par conviction affichée, parce qu’on les a repérées lors de leur prise de contact avec notre groupe. En fin de compte, notre chanson la plus connue est Poutine a pissé dans son froc.
5.    Les avocats des détenues Nikolaï Polozov  et Violetta Volkov nous transmettent qu’en préparant l’arrestation des membres suspectées d’avoir participé à nos concerts, les enquêteurs les plus hauts placés soulignent constamment qu’ils n’accumulent pas seulement et pas tellement matière à incriminer dans l’affaire du Te Deum punk dans la cathédrale du Christ Sauveur, mais en général « dans toutes les activités antiétatiques du groupe Pussy Riot.»
6.    Lors de toutes nos apparitions nous soulignons constamment, que le Te Deum punk Mère de Dieu, chasse Poutine était précisément un Te Deum, un Te Deum radical, destiné à la Mère de Dieu la priant de raisonner le pouvoir séculier et le pouvoir ecclésiastique prenant parti pour celui-ci. Parmi nous, parmi les deux douzaines de membres de Pussy Riot, on compte un certain nombre d’orthodoxes pour qui l’église est un lieu de prière.  Oui, notre prière a dépassé  le seuil admissible pour beaucoup dans un lieu de culte. Mais nous n’avons pas souillé l’église, nous n’avons pas blasphémé, nous avons prié — pour de nombreux prêtres, il ne fait aucun doute que  Mère de Dieu, chasse Poutine est un Te Deum. Nous avons prié la Mère de Dieu passionnément, pour qu’elle nous donne la force de lutter contre nos maîtres si peu miséricordieux et si fourbes. Et nous chanterons et nous prierons pour ceux qui nous souhaitent mort et emprisonnement. Parce que le Christ nous apprend à ne pas désirer prison et mort pour ceux que nous ne comprenons pas.
7.    Nous sommes prêtes à expliquer deux mille fois encore à ceux qui nous écoutent, pour quelle raison nous nous comportons de cette manière et pas autrement. Mais il nous faut d’abord tous arracher deux femmes à la prison, mères d’enfants en bas âge, soupçonnées d’appartenir à Pussy Riot. Elles ont entamé une grève de la faim et la poursuivront tant qu’on ne les aura pas laissé rejoindre leurs enfants.
Liberté pour les femmes !
Liberté pour Nadia Tolokonnikov ! Libertaé pour Maria Alexina !
La Russie vivra libre !
article  lu sur les contrées magnifiques

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