"Brigades de La Dissidence" ou camouflage socio-démocrate pour fascistes en herbe

Publié le par nidieuxnimaitrenpoitou.over-blog.com

 
Petite critique libertaire de ce nouveau mouvement pseudo-révolutionnaire et de leur idéal national-républicain merdique. Il serait facile de faire beaucoup plus court, tellement la nature de ce mouvement saute aux yeux et tellement le faussé entre la liberté et leur réalité nous apparaît bien avant la lecture de fond. Nous décidons pourtant d’en faire la critique de A à Z, sur le fond, sur la forme et sur les méthodes, pour faire en sorte de tuer dans l’œuf ce sursaut fascisant.

Petite critique libertaire de ce nouveau mouvement pseudo-révolutionnaire et de leur idéal national-républicain merdique. Il serait facile de faire beaucoup plus court, tellement la nature de ce mouvement saute aux yeux et tellement le faussé entre la liberté et leur réalité nous apparaît bien avant la lecture de fond. Nous décidons pourtant d’en faire la critique de A à Z, sur le fond, sur la forme et sur les méthodes, pour faire en sorte de tuer dans l’œuf ce sursaut fascisant. Quelques considérations générales pour commencer :

- De tout temps les démocrates de tout bord ont fait en sorte d’apporter une définition extrême et réductrice du fascisme. Pour la même raison qu’on montre la gamelle du chien à un malheureux pour lui prouver qu’il a de la chance, l’intérêt même de la social-démocratie (d’autant plus quand elle se veut nationaliste) est de réduire le fascisme aux seuls SS et chemises noires. Nous affirmons qu’il n’y a aucune différence entre l’oppression d’un seul individu sur la société entière, et l’oppression de la société entière sur elle-même, puisqu’il s’agit dans tous les cas de normes, d’oppression, et de chemin tout droit tracé. Parler de liberté dans ce contexte est un non-sens. Nous ne voulons pas aménager l’Etat, nous voulons le détruire, à cause de sa nature même. Nous ne voulons pas de « vraie démocratie républicaine », nous voulons supprimer le pouvoir, y compris celui du peuple.

- Il apparaît évident à la lecture de leurs débats qu’une bonne moitié des « volontaires de la Dissidence » n’a même pas conscience de s’être fait endoctriné, et surtout de la raison de cet endoctrinement, tellement les positions sont hétéroclites sur les sujets, voire même s’opposent. Cette position est claire : « On veut la liberté, on est prêts à manger de la merde pour ça et en faire manger aux autres, on verra après. » Pour cette raison cette critique ne touche pas les personnes mais plutôt le mouvement en lui-même, à part peut-être son autoproclamée tête pensante qui, soit par avidité de pouvoir soit par besoin de reconnaissance a ce besoin compulsif de fourrer son nom au bas de chaque texte.

- Il est assez inutile de se revendiquer apolitique, tout du moins de catégoriser le mouvement comme tel, lorsque la quasi-totalité des liens, des contacts, des affluences se revendiquent eux-mêmes d’extrême-droite ou peuvent y être affiliés très facilement. C’est d’autant plus ridicule lorsque l’on peut lire des choses comme « c’est de la faute des franc-maçons et des gauchistes » (et pourquoi pas des juifs et des extra-terrestres ?) ou des éloges à n’en plus finir sur Egalité & Réconciliation. Le nationalisme est par nature d’extrême-droite, c’est un fait. De même, l’argument qui voudrait mettre fin au clivage gauche/droite (argument politicard si il en est), et qui tente de limiter les clivages de la société aux seules positions bureaucrates gauche et droite tient difficilement la route quand la critique du mouvement est énoncée par des militants anti-parlementaristes, donc par définition ni de gauche ni de droite. Ce mouvement passe très largement à côté du seul vrai clivage de notre société, oppresseur/opprimé, au point de révéler leur manque de connaissance du terrain et du quotidien de la classe dirigée. La République est clairement un oppresseur. Nous sommes clairement dans la défense des opprimés.

La première chose qui frappe c’est le vocabulaire employé. On aura beau nous opposer que « Rejoignez les Brigades de la Dissidence !» est un terme tout a fait neutre et démocratique, nous y reniflons comme un soupçon d’air fascisant. Parce qu’on ferait difficilement mieux comme nom de police politique. Parce que ça sonne comme une campagne de propagande façon « We need you ! » (quelle ironie quand les Etats-Unis sont vus comme la bête noire à abattre). Sans parler de cette autoproclamée Dissidence qui se veut être l’avant-garde du renouveau républicain. Il y a également ce fameux « 50 propositions pour relever la France », sous-entendu actuellement à genoux, qui doit retrouver sa grandeur d’antan (amen). La plupart ne se sont pas rendus compte en en discutant qu’il ne s’agissait plus de propositions, mais d’un idéal à imposer à la totalité de la population (mais seulement française, faut pas abuser non plus). La plupart n’ont pas cherché à comprendre ce que « relever » signifie. La plupart n’ont même pas réfléchit sur la nature même de « la France », sur ce que ça signifie, sur ce que ça implique. Pour notre part nous n’y voyons que frontières fictives créées par le pouvoir et les guerres, qu’obligations, que devoir, que catégorisation de gens qui peut-être ne veulent pas être catégorisés. Que nausée en somme. Il est tellement illusoire de parler de « Dissidence Française » quand le chaos capitaliste touche la totalité de l’Humanité. Illusoire ou fascisant.

On sert les dents et on lit le texte, enfin plutôt leur Bible. Celle qu’ils veulent voir devenir la Sainte Parole de tout un peuple. Nous passerons rapidement sur nos accords d’analyse tant nos solutions divergent. De la même manière qu’un raciste écolo représente une idéologie à abattre, l’anticapitalisme apparent ne nous empêchera pas d’affronter le flot de vomit qui suit. Les ennemis de nos ennemis ne sont pas nos amis.

Le mirage anticapitaliste

Il est vain et trompeur de considérer le capitalisme uniquement financier. Allez savoir, après tout, ce sont sûrement les franc-maçons qui manipulent l’économie (sic). Pire que ça, cela dénote une méconnaissance totale de la manière dont fonctionne notre système bien au-delà d’éventuelles confréries relevant sans doute d’avantage du fantasme que de la réalité. Petit cours d’économie. Tout individu sur cette planète possède actuellement le droit universellement reconnu de s’approprier des ressources et des espaces, qui pourtant n’appartiennent à personne. Une fois ces modes de productions répartis entre quelques mains, reste à ceux qui ne possèdent rien leur unique force de travail. Cependant, comme il serait trop simple de travailler uniquement pour les besoins essentiels, on créé l’envie et la société de consommation. Partout où il n’y pas d’envie encore créée il y a un marché potentiel. Si vous n’avez envie de rien, ils créeront l’envie. On créé alors des métiers spécialisés dans le développement de l’envie, d’autres dans les études de l’envie. Tous ces gens n’ont évidemment, eux aussi que leur force de travail à vendre puisqu’ils ne possèdent pas de ressources. Ils deviennent cependant acteurs de ce cercle vicieux soit pas nécessité soit par appât du gain, gain qui permettra d’obtenir divers biens inutiles dans cette sacro-sainte société de consommation. Evidemment, tout le monde n’a pas accès à tout cela. Il nous tient à cœur de préciser que quand bien même ce serait le cas, nous aurions autant la nausée au vu de l’exploitation réciproque généralisée. Le monde financier se greffe sur ce joyeux bordel ambiant et commence à spéculer avec l’argent qu’il ne possède pas. C’est la partie visible de l’iceberg. Si le monde financier a son rôle dans la crise économique actuelle, les exploités l’étaient déjà bien avant que nos activistes en herbes ne décident que le capital était mal géré.

Notre avant-garde éclairée nous propose donc de taxer ce monde financier et de réaliser moult bidouille qui ne font que renforcer la monnaie alors que le vrai souci se situe au niveau des rapports marchands. Pas de la façon dont ils sont réalisés, du simple fait qu’ils existent. La critique et les solutions sont partielles, superficielles. Du simple rafistolage à des années lumières de toute critique des rapports infligés à l’être humain (du moins à ceux qui n’en veulent pas). A aucun moment la nature même du salariat n’est remit en cause. A aucun moment la marchandisation de nos vies et de notre force de travail n’est critiquée. Notons tout de même l’initiative proposant aux travailleurs de devenir propriétaire de leur entreprise et ainsi participer à leur propre exploitation. La Dissidence n’a sur ce sujet pas grand-chose à envier aux mouvements alter-mondialistes pseudo-anticapitalistes qui n’ont qu’un mot à la bouche (taxe), ce qui permet de réguler les conséquences visibles du capitalisme pour mieux le pérenniser. Le capitalisme est malade, qu’il crève, et le monde de merde qui va avec. Un monde basé sur l’exploitation, la domination et le pouvoir.

Vers une société neo-fasciste

En lisant un peu plus loin que les quelques propositions destinées à faire plaisir aux éventuels bobos adeptes de la secte, on peut lire dans cette deuxième partie quelques douces injonctions :

« Moraliser la société ». Quelle morale ? Vraisemblablement celle où être homosexuel sera considéré comme être socialement déviant (sic) pour ne pas dire aliéné. De ce point précis s’est dégagé un débat des plus gerbants, avec là encore des positions totalement opposées de la plus bien-pensante (« la pornographie c’est pas très très bien quoi… ») à la plus dégueulasse (« la prostitution est une liberté comme les autres »). Il est vrai que le fait de vendre son corps relève forcément d’un libre choix allant dans le sens de l’épanouissement de l’individu (non, la prostitution ne touche pas que les femmes)… La bêtise humaine n’a décidemment plus de limite. Nous invitons chaleureusement ces derniers à se lancer à la recherche de culture et de savoir social, et accessoirement d’un encéphale au rabais. Cela dénote tout de même une chose : le cantonnement à rappeler sans cesse la définition de « dissidence » sans se soucier ni de ce que véhicule le mouvement, ni du fait qu’il puisse ou non être défini comme tel.

Mais peut-être que nos « dissidents » sont plus occupés à réfléchir au sujet du retour des coups de règles sur les doigts, à la sacralisation de l’enseignement, le faisant reculer d’un bon siècle. Qu’elle sera belle l’école de la discipline où l’on formate de bon petits « citoyens » prêts à défendre corps et âme cette superbe liberté républicaine. Qu’il sera beau l’enseignement supérieur qui préparera au mieux nos con-citoyens à devenir de bons petits travailleurs à la solde du capital. Vous avez dit « changement » ?

Il serait difficile d’exprimer la haine qui surgit soudain en lisant ces quelques propositions, notamment la suivante. Il serait évidemment trop leur demander de savoir en quoi un individu qui n’a demandé ni d’Etat-nation, ni de république liberticide, ni de société de domination, et les rejette même en bloc, aurait quelque devoir que ce soit envers qui que ce soit, en particulier envers l’Etat. Non contents de bénéficier actuellement d’une journée de formatage républico-militariste imposée à tous les jeunes, nos nostalgiques de la patrie entendent les éduquer par l’intermédiaire de la réinstauration du service militaire. Qu’ils prennent garde à ce que le peuple apprennent à se servir des armes si ça leur chante. Nous pensons simplement qu’ils pourraient bien le regretter.

Vient ensuite la petite proposition réactionnaire subtilement introduite qui voudrait placer la femme au centre de l’éducation. « La mère au foyer », en fait, pour mieux faire passer la pilulle. Nous ne perdons pas espoir qu’après le statut spécial pour Madame viendra le cadeau de Noël. Au choix, aspirateur ou planche à repasser. Rien de surprenant cependant, après normalisation et hiérarchisation de la sexualité, de lire ici ou là quelques phrases bien senties de différenciation des genres et renouveau des valeurs familiales. Chacun à sa place et les moutons seront bien gardés. Notons que se dire laïc et perpétuer 2000 ans d’éducation religieuse oppressive est une contradiction (une de plus) relativement savoureuse, bien que triste.

Il est bien évident qu’aucun de ces petits soldats de la Dissidence n’a non plus tenté d’avoir une réflexion approfondie sur la pénalisation, la punition ou la prison, reflets de la société et liés à elle par un besoin réciproque. La prison reconstitue la société entre ses mûrs de manière décuplée, la société étant elle-même une prison. Il est tellement plus simple et confortable de s’attaquer aux conséquences plutôt qu’aux solutions, cela donne l’illusion qu’en mettant à l’écart tout ce qui est considéré comme « déviant », tout ira mieux. Même si nous ne défendons par là ni le meurtre, ni le viol, ni aucun autre acte de domination constituant à lui seul tout un programme politique, nous ne doutons pas que nos paroles sur ce point seront détournées ou dépossédées de leur sens, par ignorance du sujet ou par facilité d’analyse. Fascistes dissidents, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

La conclusion de cette seconde partie bien plus précise sur les véritables intentions s’énonce d’elle-même. Rien ne justifie d’imposer quoi que ce soit à qui que ce soit. Nous ne voulons pas de leur ordre hiérarchisé, nous ne voulons pas de leurs défécations militaires, nous ne voulons pas de leur société apte à différencier ce qui est normal de ce qui ne l’est pas. Mort aux normes imposées.

Nous ne jugeons pas utile de revenir sur la psychologie renfermant l’idéal citoyen et Républicain, déjà largement disséqué, bien que nous notons ci et là quelques nouvelles intentions de chasse aux sorcières afin de dénicher l’ennemi intérieur et rassurer. Il y a bien d’autres choses encore qui nous donnent des hauts de cœur. Nous ne citerons que la main tendue aux milices du capital, celles-là même qui enferment nos camarades pour avoir défendu leur habitat contre le capitalisme, pour avoir laissé libre cours à leur imagination sur les mûrs de la machinerie oppressive, pour être dépourvus de bout de papier de la couleur adéquate synonyme d’existence dans notre société. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise milice. Il n’y en a qu’une, celle du capital et de l’Etat. L’engagement s’y fait par pure conviction, pour que surtout rien n’arrive, et rien ne change.

En toute cohérence cela dit, ce manifeste ne devrait pas exister puisque l’on nous vante la création de la démocratie parfaite. En toute cohérence toujours, le peuple lui-même devrait décider de ce texte, et non une poignée de néo-militants en mal d’engagement politique, d’analyse et de réflexion. (En espérant que cela leur donnera mal à la tête assez longtemps pour qu’on soit un peu pénards).

Les voilà fin prêt.es, en quête d’exclus de la société pour distribuer au passage quelques Bibles et faire un peu de récupération. Lorsque nous tendons la main aux exclus et aux démunis nous n’avons pas besoin d’étiquette, nous ne cherchons pas à nous faire de la publicité, nous prenons garde à ne jamais instrumentaliser quelque lutte sociale que ce soit. Quand de luttes sociales il n’y aura plus besoin, nous pourrons danser dans la rue en jouissant de cette liberté nouvelle. Quand de luttes sociales il n’y aura plus besoin, une poignée de fascistes continueront à distribuer leur Sainte parole nauséabonde pour nous proposer un nouvel endoctrinement.

Nous n’appelons à rien. Nous ne prévoyons rien pour la totalité de la population. Nous n’avons pas de programme. Nous ne proposons rien, mis à part la fin de ce monde pourri où la libre coopération des individus a laissé place à la concurrence illimitée dans tous les domaines entre les êtres humains. Partout où l’obligation et le devoir pointeront le bout de leur nez, nous les dénicherons et les dénoncerons. Quelque soit la forme que prendra le fascisme nous le chasserons avec toujours plus de virulence. Ni maîtres, ni décideurs.

ALERTA, ALERTA ANTIFASCISTA !

posté sur indy nates par des anarchistes.

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