Punks arrêtés en Indonésie : les keupons du monde se rebiffent

Publié le par nidieuxnimaitrenpoitou.over-blog.com

Mi-décembre, 64 punks sont arrêtés lors d'un concert punk à Banda Aceh, seule province d'Indonésie à appliquer la Charia. Motif : Ils sont punks.

Ces 59 jeunes hommes et cinq femmes sont transférés dans une école de police pour y être rééduqués.

Le chef de la police qualifie ces punks de « maladie sociale » et décrit au Jakartaglobe le programme qui les attend :

« Il y aura une cérémonie traditionnelle. D'abord leurs cheveux seront rasés. Ensuite, ils seront jetés dans une piscine. Les cheveux des femmes seront coupés par une de nos officiers de police. »

Récupération des piercings, rasage de tête, bain rituel... Une vidéo postée par le site d'information belge Le Soir montre les premières mesures de « rééducation » prises par les autorités.

 

 

« Il ne fait pas bon être Punk à Aceh »

Reportage publié LeSoir.be le 16 décembre

 

 

« Nous allons leur donner une leçon », résume le chef de la police. Ce qui passe par un relooking forcé :

« Nous allons changer leurs vêtements dégoûtants. Nous allons les remplacer par de beaux vêtements. Nous allons leur donner des brosses à dents, dentifrice, shampoing, des sandales et des instruments de prière. »

En Indonésie, le mouvement punk s'enracine dans la communauté des enfants des rues. Selon le Jakarta Post, certains jeunes se seraient échappés du centre de rétention, avant d'être capturés à nouveau.

 

 

 

« Pourquoi les enfants d'Indonésie sont fous de Punk » (En anglais)

Depuis, l'indignation remue les punks de la planète, et prouve, s'il le fallait encore, que le mouvement bouge encore. En marge de manifestations à Jakarta, et d'actions menées par des groupes indonésiens comme Komunitas Bendera Hitam ou Superman Is Dead, des micro-actions pullulent dans le monde et sur la toile au sein du Punk mondial.

Un groupuscule « arnarcho-punk » moscovite a tagué son soutien aux punks d'Aceh sur les murs de l'ambassade d'Indonésie à Moscou, la semaine dernière et posté une vidéo.

 

 

Inscription sur les murs de l'ambassade d'Indonésie à Moscou,

Vidéo tournée par le groupe punk Komunitas Bendera Hitam

A Los Angeles, une bande de très jeunes punks témoignent de leur solidarité devant l'ambassade d'Indonésie. Le groupe allemand Red Tape Parade invite ses fans, via Facebook à envoyer CD, T-shirt et autres objets aux punks d'Aceh. Leur page suit quotidiennement les collectes.

Sur leur site, le groupe canadien Propagandhi dénonce « une violation des droits de l'homme » et déclare son empathie pour les punks d'Aceh, imaginant « leur rage et leur isolement » .

Pendant que les punks indonésiens inspirent des vidéos musicales ou commentées aux punks du monde, le label Aborted Society prépare une série de mixtapes. Sur le Web, une pétition a réuni 9 000 signatures en une semaine, et les appels à manifester fleurissent de New York à Londres.

 

 

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