[repression arbitraire] poitiers : des cottillons que nos braves pandores trouvent offenssants

Publié le par nidieuxnimaitrenpoitou.over-blog.com

Un homme de 52 ans a été appelé fin janvier au commissariat et s’est vu remettre une convocation devant le tribunal correctionnel de Poitiers où il aura à répondre, le 4 mai, d’outrage à personne dépositaire de l’autorité publique. Le 21 juin 2011, ce quinquagénaire appartenait à un groupe de personnes qui avaient entonné la chanson « Hécatombe » de Georges Brassens devant le commissariat de police. Cette chanson, bien peu respectueuse pour l’uniforme a été très mal perçue par les policiers, qui ont couvert les chants par leurs sirènes. Les choses auraient pu en rester là si certains manifestants, parmi lesquels le prévenu, n’avaient cru bon de jeter des confettis en direction des policiers, dont un haut gradé. Il appartiendra aux juges de dire si l’attitude spécifique de ce manifestant relevait de l’outrage ou de l’inoffensif monôme.

leur presse = la haine R

 

Le 21 juin 2011, jour de Fête de la musique à Poitiers comme ailleurs en France, une chorale Brassens est allée chanter Hécatombe devant le commissariat local. Cette initiative, prise par l’assemblée Démocratie réelle 86, visait de même que dans d’autres villes à manifester une solidarité envers des personnes aux prises en France avec la police et la justice pour avoir interprété cette chanson.

Il y eut d’abord un Rennais, condamné en mai pour avoir chanté Hécatombe à sa fenêtre : 40 heures de travaux d’intérêt général plus 200 euros à verser aux policiers qui se trouvaient alors dans la rue. Puis une trentaine de personnes furent interpellées à Toulouse pour « outrage », ayant chanté le tube du moustachu devant le commissariat de cette ville en solidarité avec le mélomane rennais et afin de défendre la liberté d’expression. Deux personnes passèrent aussi en procès à Paris pour « violence à agent », lors de la dispersion brutale par la police d’un rassemblement de même nature (elles furent relaxées). Au même moment, la Cité de la musique, sous tutelle du ministre de la Culture, fêtait pourtant ce cher Georges et invitait à un « championnat du monde des Brassens »…

A Poitiers ce 21 juin, Cf. compte rendu , la chorale fut bon enfant, mais des policiers ont lancé à fond les sirènes de plusieurs de leurs véhicules pour couvrir la chanson, recourant ainsi à un usage abusif de ces appareils réglementés. D’autres policiers ont filmé le subversif événement. Enfin, les policiers sont venus en nombre signifier à cette chorale que c’était une « provocation », qu’elle était « illégale » (le soir de la Fête de la musique…) et devait se disperser, sous peine d’« usage de la force ». Alors que la chorale s’éloignait, ses membres ont jeté des confettis vers ce commissariat si farceur avec la liberté d’expression. J.-C., 52 ans, a alors été brutalement attrapé par un policier qui l’a emmené au poste. Un rassemblement de soutien s’est vite constitué, et J.-C. a été libéré une heure et demie après, en ayant nié avoir commis le moindre « outrage » et après que les policiers lui ont signifié qu’il devait se tenir tranquille à l’avenir s’il voulait éviter des suites.

Mais voilà, ce 27 janvier 2012, J.-C. était convoqué au commissariat. Les quatre personnes qui l’y ont accompagné ont été surprises de trouver devant un comité d’accueil de cinq policiers. Et plus encore surprises de voir J.-C. en ressortir dix minutes après avec à la main une convocation à un PROCÈS, prévu le 4 mai 2012 ! Les termes de la convocation explosent les dernières barrières du grotesque : J.-C. est en effet poursuivi pour avoir « outragé par parole, gestes, menaces, écrit non rendu public, image non rendue publique, envoi d’objet, de nature à porter atteinte à la dignité ou au respect dus à la fonction de Monsieur M. J.-C., commandant de police, personne dépositaire de l’autorité publique, dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions, en l’espèce en lui ayant projeté au visage une poignée de confettis ».

L’OPJ, sans doute un peu gêné, a confessé à J.-C. qu’il n’était pour rien dans cette poursuite… J.-C. n’a évidemment insulté ni menacé personne, ni par parole ni par écrit, mais tout est bon hélas, pour la police poitevine, quand il s’agit de harceler des gens qui sont engagés politiquement et qui défendent la liberté d’expression.

Rappelons que récemment six personnes ont été arrêtées pour diffusion d’un journal dont les exemplaires ont été saisis et détruits par la police (sans suite). Que deux personnes sont passées en procès pour avoir récupéré des produits alimentaires périmés dans une poubelle – elles ont expliqué leur geste par un tract  (relaxe). Qu’un ancien président de maison de quartier, connu pour son militantisme, a été convoqué au sujet d’affiches dénonçant les expulsions d’étrangers avec lesquelles il n’avait rien à voir (pas de suite mais on ne sait jamais)…

Il semble qu’une étape de plus ait été franchie par la police poitevine dans le grotesque : l’outrage au jet de confettis ! On hésite entre le rire et la consternation.

Pour la liberté d’expression et contre le harcèlement policier à l’encontre des personnes qui la défendent.

Arrêt immédiat des poursuites contre J.-C. !

 Comité antirépression – Poitiers

 

Ce soir 21 juin 2011, jour de fête de la musique à Poitiers, avait lieu comme dans d’autres villes de France un rassemblement pour chanter le classique “Hécatombe” de Georges Brassens, devant le commissariat de Poitiers. Ce rassemblement, appelé par l’assemblée démocratie réelle 86, répondait à diverses poursuites engagées par la justice… contre un Rennais ayant eu l’audace de chanter ce morceau de Brassens à sa fenêtre dans un appartement de Cherbourg (une condamnation à 40 heures de travaux d’intérêt général plus 200 euros à verser aux policiers de passage), mais aussi contre des rassemblements vocaux de soutien de la part de Toulousain-e-s et Parisien-ne-s, qui se sont soldés par 29 interpellations à Toulouse (avec convocations ultérieures pour “outrage”), et 2 à Paris (avec poursuites pour “violence à agent”).
Quelques Poitevin-e-s avaient peut-être misé sur des policiers locaux plus mélomanes ; la suite leur prouva que non. Dès avant 18H, les braves pandores avaient entouré le rassemblement séditieux, filmant les gens avec insistance, en réalisateurs zélés et tatillons d’un nouveau sketch policier. A plusieurs reprises un gradé est venu annoncer que l’”attroupement” était “illégal”, et que chanter Brassens était une “provocation”. Mazette ! la Cité de la musique, sous tutelle du ministre de la Culture, qui fête actuellement le célèbre chansonnier et invite à un “championnat du monde des Brassens”, n’est sans doute pas au courant du sagace avis des policiers poitevins – il faudra penser à les prévenir.
Les intimidations se sont multipliées, avec des menaces de dispersion “par la force”, mais la vingtaine de gens rassemblés a entonné l’hymne vers 18H30. A deux reprises le rassemblement, d’une vingtaine de personnes, a dû recommencer “hécatombe” car les cognes accompagnaient systématiquement la chanson d’un chœur de sirènes à plein régime, en donnant on vous l’assure un spectacle assez croquignol.
La liberté n’avait semble-t-il pas eu, pour les policiers, son content de gnons. Aussi, alors que le rassemblement se dispersait vers 18H40, et que quelques personnes jetaient quelques confetti vers ce commissariat si farceur avec la liberté d’expression… un georgeophile s’est vu brutalement saisi par un policier, qui perdant toute mesure, le fourra avec rudesse à l’intérieur du poste. Et rieurs, les brassensophiles ne l’étaient plus. Face à une haie de policiers, ils scandèrent “libérez le chanteur !” cinq bonnes minutes, avant que le directeur départemental adjoint de la sécurité publique de la Vienne ne sorte en personne prendre cette grave affaire en main. Le ton austère qu’il affectait montra toute son aptitude professionnelle à garder son sérieux, malgré le ridicule achevé de la situation. Vingt-cinq policiers avancèrent pour repousser les dangereux solidaires, les isolant en deux groupes. Rapidement, les fans de Brassens parcoururent Poitiers en relayant l’appel à un rassemblement de soutien à 20H devant le commissariat.
A 20H10, alors que 70 personnes étaient déjà présentes, le copain sort soudain du commissariat sous les hip-hip-hip-hourra et une nouvelle antienne. L’affaire serait à priori sans suites, puisqu’aux questions des fins limiers lui demandant s’il avait perpétré un “outrage”, l’embastillé d’une heure trente aurait répondu que non. Le procureur semble lui aussi avoir été dubitatif à l’idée de défendre à la barre une interpellation musclée aux motifs d’ “outrages” pour jet de confetti et vocalises brassensophiles, un jour de la fête de la musique.
D’outrages, par bonheur il n’y en avait pas. Les seul outrages constatés le furent à la liberté, venant une fois de plus, à Poitiers comme ailleurs, d’une police outrancière qui n’a décidément honte de rien. Et mérite plus que jamais qu’on lui adresse les couplets du vieux Georges.

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“Hécatombe” de répression contre une chansonnette

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