Quatrième nuit d’émeutes en Angleterre

Publié le par nidieuxnimaitrenpoitou.over-blog.com

 

 

« Les violences maintenant sont purement gratuites, c’est-à-dire que c’est de la destruction de propriété. »

BFM-TV, 09/08/2011

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À propos des émeutes qui secouent Tottenham, et maintenant la Grande-Bretagne tout entière, un politicien de Londres a cité Martin Luther King en ces termes : « Si vous n’écoutez pas ceux qui n’ont pas la parole, alors ils se feront entendre ». Cette réponse est à la fois une porte ouverte aux conseillers politique et aux sociologues de bas étage qui n’ont pas tardé à s’engouffrer dans la brèche : « ce n’est que la conséquence du plan d’austérité » ou encore « Tottenham et un quartier multi-ethnique »… Foutaises. Les pauvres de la planète n’ont pas attendu les « plans d’austérité » pour en chier ; quant au caractère multi-ethnique de Tottenham et le racisme refoulé de cette affirmation, on s’en passera. Maintenant se seraient même les quartiers « bobos » de Londres qui s’embraseraient. Qu’ils brûlent. La rage qui s’exprime aujourd’hui fait autant écho aux émeutes de 85 parties elles aussi de Tottenham, qu’à celles de Brixton ces dernières décennies, ou encore à celles de décembre 2010 où les étudiants britanniques et les autres ont su venir foutre le bordel downtown.

On voudrait nous vendre ces émeutes comme un phénomène « ethno-racial ». Camarades émeutiers de tous les pays (et en particulier de Grande-Bretagne), ne vous inquiétez pas, les mêmes personnes nous ont à chaque fois servi le même discours ici en France ou ailleurs. Oui « camarades émeutiers », votre police est la même que la nôtre. Elle sert les mêmes intérêts : l’État, le capital, et ainsi l’ordre et la paix sociale. Ces trois-là sont nos ennemis communs, bien au-delà des frontières. Ils ont voulu vous faire taire, c’est raté.

Peu importe que l’on soit Anglais, Français, Égyptien, Tunisien, Québecois, Suisse… la police est là au nom d’un ordre social visant à protéger les richesses de celles et ceux qui les possèdent. Et à ce titre, elle est prête à tuer.
Alors non la destruction de propriété n’est pas un acte de violence gratuite comme le suggère le vocabulaire politico-médiatico-capitaliste. Ce n’est qu’un peu de justice. Un peu de cette justice dont la bourgeoisie nous prive tous les jours.
Alors pour plus de justice en ce bas monde, solidarité avec les émeutiers de Londres et d’ailleurs. Détruisons ce monde de merde.

Mardi 9 août 2011.

 

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Don’t moralise, don’t judge, don’t take pictures – it’s time for the riot to get some radical politics

Daniel Harvey gives a short personal reflection on the riots

There exists in England an underclass that does not exist anywhere else in Europe. White, little educated, without any means of social evolution, they are a perfect example of the results of Anglo-Saxon capitalism and its dehumanising program. The English perversion is to make this population proud of their misery and their ignorance. The situation is hopeless. I’ve more hope for the youth of our banlieues.

Jean-Baptiste Clamence; Albert Camus’ ‘La Chute’, 1956.

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[mercredi matin] Les émeutes gagnent Manchester, répit à Londres

Plusieurs magasins ont été vandalisés dans la nuit à Birmingham et à Manchester. Londres, où 10.000 policiers ont été déployés en renfort, n’a en revanche pas connu d’incident majeur. Le point sur la situation.

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Depuis les premiers troubles à Londres samedi soir, déclenchés lors d’une manifestation organisée pour réclamer « justice » après la mort d’un homme tué au cours d’une opération policière, les affrontements n’ont pas cessé en Grande-Bretagne. Le point sur la situation mercredi matin.

Manchester touchée

Après quelques heures de répit, les émeutes ont repris mardi en fin d’après-midi dans la grande banlieue de Birmingham, deuxième ville du Royaume-Uni. À West Bromwich, 200 personnes derrière des barricades ont lancé des projectiles sur les forces de l’ordre, brûlé véhicules et magasins et à Wolverhampton des magasins ont également été pillés. 109 personnes ont été arrêtées.

Des violences ont par ailleurs éclaté à Manchester — troisième ville du pays — qui avait jusqu’à présent été épargnée. Des centaines de jeunes encagoulés ont affronté et lancé des projectiles sur les policiers antiémeutes, brisant des vitrines, pillant, mettant le feu à des magasins et des voitures. Un magasin de vêtements Miss Selfridge (équivalent de Pimkie) a notamment été incendié. Un cameraman de la BBC aurait également été attaqué. Au total, une cinquantaine de personnes ont été interpellées. Le chef adjoint de la police locale a évoqué une intensité de violence qu’il « n’avait jamais observée auparavant ».

À une quarantaine de kilomètres, à Liverpool, 200 jeunes ont bombardé la police de projectiles et causé des dégâts. 35 personnes ont été interpellées.

À Nottingham (centre), un commissariat a été incendié à coups de cocktails Molotov. « Au moins huit personnes ont été arrêtées » pour cet incident et plus de 90 au total dans la ville.

Londres, en revanche, semble avoir été relativement épargnée par les violences de cette nuit. En dépit de l’importante couverture journalistique, aucun événement avéré n’est relaté dans la presse britannique. La capitale est restée globalement calme, après le déploiement de 16.000 policiers contre 6000 la veille. Mais une forte tension était perceptible : de nombreux magasins avaient fermé plus tôt que prévu et à Canning Town, un quartier très défavorisé de l’est de la capitale, la police faisait face à des groupes de jeunes, sans affrontement.

Des incidents mineurs ont par ailleurs été signalés à Reading, Oxford et Milton Keynes, à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest et au nord-ouest de la capitale britannique.

Trois nouvelles victimes ?

Dans la nuit de mardi à mercredi, trois personnes sont décédées à Birmingham au cours d’une collision avec une voiture, rapporte The Guardian. Les victimes seraient des habitants qui protégaient leur quartier. Les circonstances de ce drame restent floues. Une enquête pour meurtre a été ouverte.

Mardi, un jeune homme de 26 ans est mort des suites de ses blessures : il avait été touché par une balle la veille alors qu’il se trouvait dans sa voiture, dans le sud de Londres. C’est le premier décès recensé depuis samedi soir. La victime, dont l’identité n’a pas été révélée, avait été découverte vers 21h15 à Croydon, un quartier où plusieurs bâtiments ont été brûlés. L’homme avait « été hospitalisé dans un état grave ». Deux jeunes, qui se trouvaient sur place avec des objets volés, ont été arrêtés.

David Cameron promet de ramener l’ordre dans les rues

Le premier ministre britannique, qui était jusqu’alors en vacances en Toscane, en Italie, a décidé lundi soir de rentrer en urgence dans la capitale. Mardi, au cours d’une brève allocution devant ses bureaux de Downing Street, il a promis de tout faire pour ramener l’ordre dans les rues. Il a notamment annoncé des renforts — passant les effectifs policiers de Londres de 6000 à 16.000 hommes — et a demandé une justice rapide pour les centaines de personnes arrêtées depuis samedi. « Si vous êtes assez vieux pour commettre de tels crimes, vous êtes également assez vieux pour être punis », a-t-il notamment lancé à l’adresse des jeunes émeutiers, dont certains n’ont qu’une dizaine d’années.

Il a toutefois refusé de se tourner vers l’armée pour ramener l’ordre. Il a en outre précisé que les vacances parlementaires seraient interrompues jeudi pour une séance exceptionnelle consacrée à ces émeutes.

768 arrestations en quatre jours

Les autorités ont précisé que 768 personnes avaient été arrêtées — dont un garçon de onze ans — depuis le début des violences. Une centaine d’entre elles auraient déjà été mises en accusation, d’après une corrrespondante du Guardian. Parmi elles, au moins trois personnes sont soupçonnées de « tentative de meurtre » contre des forces de l’ordre. Au total, au moins 111 policiers ont été blessés depuis samedi.

Pour décourager les émeutiers, la police a publié mardi les photos de fauteurs de troubles prises par les caméras de surveillance et suit de très près les réseaux sociaux qui servent de relais aux émeutiers. Elle a également demandé aux parents de surveiller leurs enfants le soir. (…)

Leur presse (Le Figaro.fr), 10 août 2011.

 

[mardi soir] Angleterre : des violences en cours à Manchester et près de Birmingham

La pression ne retombe pas à Londres. Les émeutes qui secouent depuis plusieurs jours Londres et qui se sont étendues à plusieurs villes ont repris mardi en fin d’après-midi près de Birmingham (centre), deuxième ville du Royaume-Uni, a annoncé la police.

« Nous avons des informations faisant état de désordres à Wolverhampton », où des magasins ont été vandalisés, « et à West Bromwich », ont précisé les forces de l’ordre dans un communiqué.

Selon la BBC, des violences et des incendies ont éclaté dans le centre-ville de Manchester mardi en début de soirée. À Londres, 16’000 policiers prennent position dans les rues, en prévision de la nuit à venir. La situation était calme mardi en début de soirée à Londres, où une forte tension était cependant perceptible, de nombreux magasins ayant baissé leurs rideaux plus tôt que prévu.

La France a recommandé la prudence à ses ressortissants, a annoncé mardi le ministère des Affaires étrangères. À l’issue d’une réunion d’urgence du gouvernement, David Cameron a lancé un message de fermeté depuis le perron de Downing Street pour tenter de mettre fin aux scènes de chaos et à la contagion au reste du pays. « Si vous êtes assez vieux pour commettre de tels crimes, vous êtes également assez vieux pour être punis », a-t-il affirmé à l’adresse des jeunes émeutiers, dont certains n’ont qu’une dizaine d’années.

Les émeutes ont fait une première victime

Mardi, les émeutes ont fait une première victime : la police a annoncé la mort d’un homme de 26 ans, retrouvé blessé dans la capitale. Le Premier ministre britannique David Cameron, qui a dû écourter ses vacances en Italie, a annoncé mardi que 10’000 hommes seraient envoyés en renfort de la police à Londres. Selon la BBC, Scotland Yard a annoncé que 111 policiers ont été blessés depuis le début des violences.

La victime, qui n’a pas été identifiée, avait été retrouvée blessée par balle dans une voiture lundi vers 21h15 dans le quartier de Croydon, au sud de la capitale britannique, en plein milieu des émeutes. L’homme a finalement succombé à ses blessures. Deux jeunes, qui se trouvaient sur place avec des objets volés, ont été arrêtés.

De gigantesques feux dans la capitale

Lundi soir à Londres, des groupes de jeunes s’étaient rassemblés dans le quartier de Hackney, dans l’est de la capitale, pillant des magasins et un camion. Mardi matin, la police londonienne a arrêté trois personnes soupçonnées de « tentative de meurtre » contre des membres des forces de l’ordre. Elles auraient tenté d’écraser un policier qui tentait d’arrêter leur voiture, parce qu’il les soupçonnait d’avoir participé au pillage d’un magasin à proximité.

Scotland Yard a annoncé avoir déployé 1700 policiers supplémentaires pour faire face aux pires incidents survenus dans la capitale britannique depuis des années. La police a également dû intervenir à Croydon, où des feux spectaculaires étaient en cours lundi soir selon les images de la BBC, à Lewisham et à Peckham, dans le sud de Londres. À Peckham, des commerces étaient en feu et les flammes menaçaient de se propager à d’autres immeubles alors que des jeunes ont tenté de mettre le feu à un autobus à impériale, selon des images de télévision.

Les quartiers favorisés de Londres sous le choc

Dans les quartiers aisés de Ealing et Clapham, secoués à leur tour par les émeutes qui embrasent la capitale britannique depuis ce week-end, les habitants découvrent incrédules mardi leurs commerces en ruines et leurs rues dévastées dans la nuit par des groupes de jeunes encagoulées. « C’était comme une zone de guerre. C’était l’anarchie la plus totale », raconte Paul Walters, 32 ans, un habitant de Ealing, une zone résidentielle et verdoyante de l’ouest de Londres.

Les carcasses d’au moins six voitures brûlées entravent encore les rues de Ealing mardi matin, où des badauds prennent des photos des dégâts des violences. À Clapham Junction dans le sud de Londres, même paysage de désolation. Il ne reste plus grand chose de quelques bâtiments de style victorien ravagés par les flammes, alors qu’un grand magasin appartenant à la chaîne Debenhams a été dévalisé.

Plus de 500 personnes ont été arrêtées depuis le début des violences

Mardi, plus de 560 personnes, dont un garçon de onze ans, avaient été arrêtées depuis le début des violences. Au moins neuf membres des forces de l’ordre ont été blessés durant la nuit de dimanche à lundi, dont trois après avoir été heurtés par un véhicule roulant à vive allure.

Toute la journée de lundi, des groupes de jeunes ont harcelé les forces de l’ordre et pillé des magasins dans plusieurs quartiers de la ville. Ces nouveaux incidents font suites aux émeutes survenues dans la nuit de samedi à dimanche à Tottenham, dans la foulée d’une manifestation pour réclamer « justice » après la mort d’un homme de 29 ans, Mark Duggan, tué lors d’une opération des forces de l’ordre contre la criminalité au sein de la communauté noire.

Scènes de pillage en province

En province, la police des West Midlands a confirmé l’arrestation de 87 jeunes qui, dans le centre de Birmingham, brisaient des vitrines de magasins et se livraient au pillage. Elle a indiqué qu’un commissariat de Birmingham était en feu. À Liverpool, la police locale a elle aussi indiqué être confrontée à des scènes de violence, notamment l’incendie de plusieurs voitures.

En ce qui concerne la capitale britannique, le chef de la police Tim Godwin a demandé « aux parents de commencer à contacter leurs enfants pour leur demander où ils se trouvent ».

La ministre de l’Intérieur Theresa May a qualifié ces troubles « d’actes purement criminels », promettant que les responsables seraient traduits en justice. Elle a en revanche semblé écarter, pour le moment, le recours à l’armée ou à des canons à eau évoqué par certains élus locaux pour ramener le calme. « La police britannique ne travaille pas avec des canons à eau. La police britannique travaille avec l’appui des différentes communautés », a-t-elle assuré.

Leur presse (Le Parisien.fr), 9 août 2011.

 

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