Petit récapitulatif des méthodes de communication militante

Publié le par nidieuxnimaitrenpoitou.over-blog.com

Cet article a pour but de passer en revue les méthodes de communication pouvant servir à diffuser rapidement nos idées, nos messages, un peu partout et par un maximum de moyens possible.

 

Le principe est simple : nous vivons dans une époque régie par la loi du spectacle, où l’habitude est à la consommation. Consommation d’informations, consommation artistique, consommation de relations, consommation de biens… Cette attitude produite par le système économique dans lequel nous vivons a aussi un effet en politique. L’aspect néfaste, c’est la consommation militante : les gens recherchent un engagement donnant une satisfaction immédiate, avec des résultats à court terme,  ce qui rend difficile la construction de projets sur le long terme. La moindre difficulté ou le plus petit contretemps apparait comme un échec (alors qu’ils devraient être source de questionnement et d’évolution). Cela explique en partie pourquoi les mouvements et partis inoffensifs mais attractifs aspirent beaucoup de gens sincères, dans une période où chaque jour apporte plus de raisons de se révolter.

Nous prenons acte de ce constat : nos modes de communication doivent changer. Les longs textes théoriques et l’imagerie austère n’attirent que les gens déjà convaincus, alors que nous voulons nous adresser aux personnes qui ne sont pas encore politisées.

 

Notre communication s’appuie sur le principe d’agitation et de propagande (agit-prop). Ces deux axes sont complémentaires. L’agitation, ça consiste à favoriser un climat de contestation radicale, à pousser les gens à s’organiser, à créer la subversion. La propagande, qui signifie « diffusion d’idée », vise à expliquer notre point de vue, nos analyses, bref notre position stratégique.

Maintenant voyons comment appliquer cela.

 

Sur internet

Internet est sans doute le média d’information le plus important à l’heure actuelle. Les gens se renseignent, se conscientisent, s’organisent sur internet. Bien sûr, il y a des tares, de grosses limites (présence énorme de l’extrême droite et des conspirationnistes, flicage massif, désinformation, discours n’ayant pas forcément d’impact dans la réalité). Mais c’est un média incontournable.

 

Il est conseillé de séparer au maximum son engagement politique de sa vie privée sur internet. Ce n’est pas facile mais pour des raisons de sécurité c’est important. Dans le même registre, nous vous conseillons l’emploi de boîte mail cryptée (hushmail par exemple), et de protections efficaces (réseau Tor…). De nombreux sites spécialisés indiquent comment se protéger au maximum sur internet. La meilleure règle reste tout de même celle du silence : moins on en dit et moins on en sait, moins il y  de risque, dès qu’il s’agit d’action politique.

 

Les médias sont variés : blogs, sites, page facebook, compte twitter, listes de diffusion, forums. Il est tentant de perdre son temps en se dispersant, ou d’entrer dans des polémiques interminables ne faisant pas avancer les choses ; à moins de s’ennuyer pas la peine de répondre à tous les petits fachos « internet warriors » de la toile donc, mieux vaut se concentrer sur la création de contre-médias. Il est pour cela très facile de se faire un site, le format le plus accessible étant le blog (avec WordPress comme celui que vous lisez, avec Overblog, ou autre). Pour être efficace et progresser l’important est de déterminer une ligne conductrice et de s’y tenir, et si possible d’agir en réseau en créant des contacts.

 

A ce niveau là, deux choses sont à prendre en compte. D’abord, le rapport dialectique entre internet et vie courante : internet doit permettre de mettre en valeur des actions réelles et de diffuser des idées, mais aucun média ne se suffit à lui-même, il ne faut pas perdre de vue l’importance fondamentale de l’action de terrain. Ensuite, un bon équilibre entre agitation et propagande permet d’éviter de rester dans la « pose » ou de partir dans des textes théoriques interminables qui risquent de ne pas être lus.

L’esthétique est également un bon moyen d’être lu et connu. Des logiciels de traitement d’image comme Photoshop, Gimp (gratuit), ou Publisher (pour les textes, les tracts, les affiches) permettent d’avoir une communication efficace sur le fond comme sur la forme.

Dans la rue

Pour faire connaitre ses idées dans la rue, à part lors des manifestations habituelles qui mériteraient un article plus long, il existe quelques modes d’action.

Le plus connu est le tractage : un groupe de personne (ça peut être seulement 2 ou 3 individus, cela dépend de la zone à couvrir et des risques éventuels) diffusent un tract sur un sujet précis, en général une brève analyse ou un appel à un évènement. Cette méthode est assez aléatoire puisqu’elle peut donner l’impression d’une large diffusion sans forcément d’effet : un tract est souvent reçu comme une publicité, pas forcément lu ni conservé.

Là encore il est préférable d’opter pour un message bref, sur un papier de petit format, avec éventuellement une image ou un symbole choc.

 

Le lieu de tractage et le contenu dépendent du public visé (lycéens, étudiants, salariés, ouvriers). Mais tout cela relève du bon sens plus que de la stratégie…

 

Un autre mode d’action est le happening, et l’action coup de poing : c’est le cas des autoréductions  (récupération de produits dans un grand magasin pour les redistribuer, ou opération « transports gratuits »/ »péage gratuit », très efficaces puisque permettant d’obtenir des dons tout en rendant service à beaucoup de gens, et des grèves de loyers). Mais ce genre d’action peut aussi prendre la forme d’une banderole accrochée lors d’un évènement attirant beaucoup de monde, d’un regroupement massif surprise, d’un blocage de protestation… Bref, les modes d’action sont variés, du tractage au black bloc. Il serait inutile de les détailler tous ici. Les principes qui doivent guider l’action sont la sécurité (en organisant des binômes pendant les actions, en prévoyant des numéros d’avocats, en connaissant ses droits, en se dispersant de façon ordonnée, en étant équipés en fonction des circonstances), la bonne estimation de ses forces (pour ne pas se sous-estimer ni se surestimer), et l’efficacité (Quel objectif vise-t-on ? Quel niveau de radicalité ? Quel est le message, et destiné à qui ? Quelles sont les modalités ?).

Sur les murs

Les murs sont en général un bon indicateur de la contestation sociale : dans les zones où des luttes sont en cours, ou ayant une tradition contestataire, on peut voir de nombreux tags, affiches, messages politiques, etc.

Pour commencer, les messages à la peinture. Ils peuvent être efficaces sans nécessiter un grand tallent dans l’art du graff. Acheter des bombes de peinture en magasin (ou en récupérer ailleurs) ou des feutres style poscas permet de faire des miracles. Pour qu’un message soit lisible, il doit être assez grand, assez simple, et d’une couleur contrastant avec le support. Le seau de peinture blanche et le rouleau sont aussi intéressants, et très utilisés en Italie par exemple. Pour ce qui est des logos et symboles, le pochoir reste la solution la plus efficace et la plus jolie. Il suffit pour cela de découper au cutter la forme que l’on veut obtenir sur du carton ou mieux, sur des radios (des radios anonymisées peuvent être demandées gratuitement dans n’importe quel centre de radioscopie), après l’avoir dessinée. De nombreux exemples déjà préparés sont trouvables sur internet. Un message complexe peut être dessiné à l’avance sur du papier grand format et collé ensuite (le mieux étant le papier de tapisserie).

Sur un sujet précis, une banderole peinte (bâche publicitaire, drap) accrochée sur un pont routier ou devant un lieu de passage est un excellent moyen de diffuser un message très rapidement.

 

Les organisations politiques utilisent aussi massivement les affiches et les autocollants. Les affiches ne sont pas destinées à rester longtemps : elles sont rapidement recouvertes, arrachées, nettoyées. Par contre elles peuvent être assez esthétiques. Comme les autocollants nous vous conseillons de les imprimer en groupe pour diminuer les frais. Une affiche est vue quand elle est collée massivement, en les disposant par groupes de dix ou plus si possible. Avec un simple balai elles peuvent aussi être collées en hauteur pour durer plus longtemps.

Enfin, les autocollants : si leur petite taille ne leur permet pas de remplacer les affiches, ils sont beaucoup plus simples à utiliser puisqu’ils peuvent être utilisés n’importe quand tant qu’on en a sur soit. Pas mal pour saturer l’espace avec une image et un slogan. Le mieux est de les coller derrière les panneaux, sur les poteaux, sur toutes les surfaces plates et rarement nettoyées.

 

Voilà, ce récapitulatif n’a pas vocation à pousser la réflexion en profondeur ni à être exhaustif. Par contre, il permettra peut être de donner des idées à des gens voulant se lancer.

 

lu sur feux de prairie

Publié dans fais le toi même

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