Livre au vitriol sur le renseignement : Squarcini va porter plainte

Publié le par nidieuxnimaitrenpoitou.over-blog.com

 Le patron de la DCRI va engager des poursuites pour diffamation contre les auteurs de «L'espion du président» et le site Mediapart, qui entend riposter.

 

Le directeur central du Renseignement intérieur, Bernard Squarcini, le 17 janvier 2012 à Paris lors d'une conférence de presse.

 

Le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, va porter plainte en diffamation contre les auteurs du livre «L'espion du président» qui l'accusent d'être «instrumentalisé» par l'Elysée, a annoncé jeudi son avocat, Patrick Maisonneuve.

«Des plaintes avec constitution de partie civile vont être déposées entre les mains du doyen des juges d'instruction du tribunal de Paris pour diffamation à l'encontre des trois auteurs, de l'éditeur du livre "L'espion du Président"», a précisé dans un communiqué l'avocat, qui vise aussi le site d'information Mediapart et son fondateur, Edwy Plenel.

Mediapart va lui aussi saisir la justice car il est question dans ce livre d'une «enquête poussée» de la DCRI sur le site d'informations en 2010. «Mediapart, qui était en pointe sur l'affaire Karachi, a fait l'objet en 2010 d'une enquête poussée du renseignement intérieur», est-il écrit.

«Mediapart va évidemment saisir la justice de ces faits nouveaux afin que toute la vérité soit faite sur cet espionnage et que ses auteurs en répondent, ceux qui l'ont ordonné, comme ceux qui ont exécuté cet ordre illégal», écrit M. Plenel sur le site. «Le principe de la plainte est acquis, reste à en déterminer les modalités», a précisé Me Jean-Pierre Mignard, avocat du site.

Mediapart pourrait se joindre à l'enquête conduite par la juge d'instruction Sylvia Zimmermann sur les fadettes de journalistes du Monde ou déposer une plainte autonome.

Le démenti de Guéant

Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a démenti jeudi que «la DCRI soit un instrument politique au service du pouvoir».

«Je démens que la DCRI soit un instrument politique au service du pouvoir», a déclaré M. Guéant sur France Inter, interrogé sur les accusations portées sur la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et son chef Bernard Squarcini. Il a ajouté qu'il était «absolument faux» de dire que la DCRI espionnait des hommes politiques. «La DCRI n'écoute pas de personnalités politiques», a-t-il affirmé.

Dans «L'espion du président» (Editions Robert Laffont), publié jeudi, les journalistes Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé dressent un portrait au vitriol du numéro un de la DCRI Bernard Squarcini, à partir de témoignages le plus souvent anonymes. Ils lui reprochent d'avoir créé à la DCRI un groupe «d'opérations spéciales» capable de «rentrer n'importe où».

«Je ne suis l'espion de personne»

Bernard Squarcini a contesté ces accusations mercredi soir dans un communiqué, affirmant n'être «l'espion de personne». Si M. Squarcini «ne souhaite pas répondre aux accusations qui (le) visent personnellement et qui ont déjà fait l'objet de nombreux développements dans la presse», en revanche, il «n'accepte pas que (son) service soit attaqué au travers des responsabilités» qu'il exerce.

La DCRI, a-t-il dit, est un service «composé de fonctionnaires avec des opinions politiques et syndicales différentes (...) tous dotés d'un grand sens du service public qui les conduit à servir l'Etat, quel que soit l'engagement politique du gouvernement».

«Dans ces conditions, je ne vois pas comment (elle) peut être "un service de renseignement instrumentalisé au service du pouvoir" ou que "dès sa création, l'outil a été utilisé au profit d'un clan"», estime son directeur.

Pour M. Squarcini, parler «d'une dérive en police politique» ou évoquer des «écoutes» de personnalités politiques, forment «une présentation insultante pour tous les fonctionnaires de la DCRI». «Ce service ne travaille ni sur les hommes et femmes politiques, ni sur les syndicalistes, ni sur les journalistes», a-t-il assuré.

Un syndicat de police soutient Squarcini

Synergie (second syndicat d'officiers de police) a apporté jeudi son «soutien» à la DCRI, accusée dans un livre d'être un instrument politique, affirmant que les policiers sont «républicains». «Les policiers français sont profondément républicains et pas enclins à se livrer à (...) de basses besognes», écrit le syndicat dans un communiqué.

Les policiers de la Direction centrale du renseignement (DCRI), «ne sauraient être assimilés à des voyous agissant pour le compte» d'«intérêts obscurs et illégitimes». Ils «remplissent leurs missions avec courage, abnégation et discernement».

Synergie ajoute que lorsqu'il s'«est agi d'écouter illégalement des centaines de personnalités ou d'incendier une paillote en Corse», il n'a pas été fait «appel» aux policiers, «respectueux de la légalité».

 

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Mediapart espionné sur ordre de l’Elysée

Mediapart savait avoir été victime d’un espionnage policier sur ordre de l’Elysée. Nous l’avions écrit à l’automne 2010, ce qui nous avait valu une plainte de Claude Guéant à laquelle il a brusquement renoncé le 30 juin 2011 par crainte du procès à venir. Aujourd’hui, un livre d’enquête, L’Espion du Président (Robert Laffont), apporte de nouvelles révélations sur l’ampleur de cette surveillance attentatoire aux libertés fondamentales. Mediapart va saisir la justice de ces faits nouveaux.(..)

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