Les poursuites contre d’anciens gardes nazis vont se multiplier

Publié le par nidieuxnimaitrenpoitou.over-blog.com

L’Allemagne ouvre à nouveau des enquêtes sur les anciens gardes des camps de la mort nazis. La condamnation de John Demjanjuk, ancien garde du camp de Sobibor en Pologne en 1943, a ouvert la voie à une vague d’enquêtes qui pourraient mener à l'inculpation de centaines de suspects, selon un article du Guardian.

«Ce procès de Demjanjuk a permis d’ouvrir des possibilités qui auraient été impensables avant. Cela a des conséquences énormes, même aujourd’hui», explique Efraim Zuroff, du centre Simon-Wiesenthal, qui recherche d’anciens nazis.

La cour de justice munichoise a condamné Demjanjuk à 5 ans de prison. Ce dernier, qui dément avoir été garde, a fait appel et est libre pour le moment. C’est la première fois qu’est condamné quelqu’un pour crime de guerre sans pour autant pouvoir prouver qu'il a participé à une tuerie. Devant les tribunaux, les procureurs ont allégué que le seul fait qu’il ait été garde d'un camp comme Sobibor, dont l’unique fonction consistait à exterminer ses occupants, suffisait à prouver son implication dans les assassinats qui y furent perpétrés.  

Pour l’instant, les enquêtes n’ont pas encore été étendues aux gardes des camps de concentration —et non seulement d’extermination– nazis. Ce sont donc seulement les gardes des quatre camps d’extermination de Belzec, Chelmno, Sobibor et Treblinka, et ceux faisant partie des «Einsatzgruppen», qui peuvent être poursuivis en justice, explique Zuroff:

«Il s’agit de 4.000 personnes environ. Comme seulement 2% sont encore vivants, cela ne fait plus que 80 personnes, et si l’on considère que 50% d’entre eux n’ont pas un état de santé qui leur permettre d’être traduits devant la justice, il ne reste plus que 40 personnes, ce qui est déjà considérable.»  

Il explique que, hormis les procès pour crimes de guerre des grands dignitaires nazis, comme Hermann Goering, ceux de moindre importance s’en sont pour beaucoup sortis avec de petites condamnations ou ont même été acquittés, à cause d’un manque de volonté à l’époque.

Mais les nouvelles générations de procureurs allemands sont déterminées à lancer des poursuites envers les responsables nazis, et aussi ceux ayant eu alors de petites responsabilités. Etant donné l’âge avancé des suspects —le plus jeune a 80 ans–, le chef du Bureau des procureurs chargée d’enquêter sur les crimes de guerre nazis, Kurt Schrimm, a ainsi déclaré qu’il n’attendrait pas que la procédure d‘appel de Demjanjuk soit achevée pour commencer les poursuites.

Selon le même Kurt Schrimm, la condamnation de Demjanjuk a d'ailleurs établi de nouveaux précédents juridiques. Notamment, les cours de justice allemandes peuvent désormais juger des cas qui se sont déroulés en dehors de l’Allemagne. Les collègues de Schrimm sont actuellement à la poursuite d’anciens gardes nazis dans le monde entier: des enquêtes sont en cours en Ukraine, en Uruguay et au Brésil et un contact a été établi avec les autorités boliviennes.

 

lu sur slate

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