Mardi 25 janvier 2 25 /01 /Jan 22:41

 

La verveine vendue sous la marque Monoprix fait grincer des dents des clients et des employés. Sur chaque paquet un slogan embarrassant…

 

«Catherine* viens voiiiiir… Tout de suiiiite! » Béatrice*, magasinière au Monoprix de l’avenue Gambetta, dans le XXe, plisse les yeux et relit à haute voix — incrédule — le slogan qui barre le paquet de 25 sachets de verveine commercialisé par la marque distributeur de l’enseigne : L’infusion qui vous fait oublier qu’on ne vous a pas augmenté cette année… « Alors ça, c’est trop fort! » Rapidement, un petit attroupement de salariés se forme autour d’elle.

Les rires fusent. « Ils se foutent de nous depuis des années, mais là, c’est quand même tordu », s’esclaffe Catherine, qui travaille chez Monoprix depuis vingt ans, « à l’époque où ça s’appelait encore Prisunic ». Un brouhaha d’approbation accueille ses propos.

Cynisme et mauvais goût

Cette boîte de verveine reste décidément sur l’estomac des employés. Catherine, Béatrice et les autres font leur compte : « On touche un peu plus de 1000 € net par mois. L’année dernière on a eu à peine 1% d’augmentation. Depuis les 35 heures, la prime d’ancienneté a disparu, et ils décomptent du salaire nos pauses qui sont pourtant obligatoires… » expliquent-elles. « Pas dit que l’infusion aide à oublier, parce que moi, à la fin du mois, je me rends compte que je n’ai pas été augmentée », lâche, fataliste, Marguerite derrière sa caisse. Les clients sont tout aussi déroutés : « C’est d’un cynisme… » commente Aude, une jeune maman. « C’est de très mauvais goût », ajoute Odile, une fonctionnaire qui, elle non plus, « n’a pas eu d’augmentation en 2010 ».
Le slogan était au départ passé totalement inaperçu. Et pour cause : depuis novembre, les 2000 produits de la marque Monoprix ont tous été « relookés » par l’agence Havas City. Chacun arbore une citation humoristique. « On a été alertés en décembre par des employés qui mettaient le produit en rayon et qui n’ont pas apprécié l’allusion », se souvient Patricia Virfolet, la déléguée CFDT. Le syndicat s’est empressé de réaliser un tract reprenant le visuel du paquet d’infusion barré par la phrase : « Ça promet pour l’avenir! » Les négociations salariales annuelles doivent en effet s’ouvrir à la fin du mois avec la direction du groupe : « On va venir avec un paquet de verveine cette année », ironise la syndicaliste.
Au siège de Monoprix, on est un brin embarrassé : « Les phrases humoristiques s’adressent aux clients. Nous sommes désolés que le slogan en question ait été mal perçu par nos salariés et les consommateurs, ce n’était pas le but. » Pas question cependant de retirer la verveine des rayons.

 

Le vrai visage de la grande distribution

 

L’Humanité, 5 octobre :

Le bras de fer se poursuit entre une direction intransigeante et des salariés motivés.

En tête de la manifestation marseillaise, samedi dernier, les employées du Monoprix du Prado, en lutte depuis le 17 septembre, clamaient à tue-tête : «On n’est pas fatiguées !» Elles l’ont prouvé hier en reconduisant la grève, ce qui a amené la direction à fermer le magasin.

 

« Elle prétend que nous bloquons les négociations alors que c’est tout le contraire », souligne la déléguée CGT Stéphanie Escamez qui, avec sa collègue de FO, a été condamnée en justice pour entrave à la libre circulation des camions de marchandise. Le juge des référés ayant ordonné la levée du piquet de grève organisé sur le parking, il s’est ensuivi, le 30 septembre dernier, à la tombée de la nuit, une lourde intervention de la police. Pas de quoi démotiver les grévistes. Le mouvement revendicatif s’est en effet étendu, depuis le 21 septembre, au magasin de la Canebière. Dans ce cas aussi, le recours à une justice que l’on espère répressive est en tête de gondole côté patronal puisque deux militantes CGT étaient poursuivies, hier.

Cependant, selon la déléguée Faiza Sekkaoui, « cette stratégie de la peur et du pourrissement est en échec car de nouveaux salariés sont entrés dans la grève ». Une grève qui coûte cher aux employés mais qui n’est pas indolore non plus pour la direction, laquelle avoue une perte de chiffre d’affaires de un million d’euros en quinze jours de grève. Un chiffre que la CGT rapproche de l’estimation chiffrée des revendications sur les salaires et les qualifications, 60 000 euros par an…

Monoprix Prado à Marseille:
une grève qui dure


Les grévistes du Monoprix Prado à Marseille, rejoints par leurs collègues des magasins Castellane et Cannebière sont résolus à ne pas baisser les bras.
Face à eux, une direction qui refuse toujours de négocier, prête à tout pour briser la grève.

Appel aux forces de l'ordre avec contrôle d'identité des grévistes. L' expulsion du piquet de grève a pu être évitée grâce à l'intervention des camarades de l'UL du centre ville qui ont pris immédiatement contact avec les services généraux.
Assignation en référé des grévistes pour entrave à la liberté du travail. L'audience au tribunal avait lieu hier matin, mercredi 29 septembre 2010. L'après midi à 16 heures, était prévue une médiation avec la direction départementale du travail.

La présidente du tribunal a renvoyé sa décision, délibéré dans 48 heures, et laissé la porte ouverte à la médiation.

Les salariés du Monoprix Prado sont en grève depuis le 17 septembre 2010. Ils campent jour et nuit sur place et bloquent l'arrivage des marchandises.

Pour les soutenir, signez la pétition en ligne: http://www.lapetition.be/en-ligne/soutien-aux-salaris-de-monoprix-marseille-8287.html
Pour la solidarité financière vous pouvez adresser vos dons à l'union locale CGT du centre ville, 55 rue Saint Férréol 13011 Marseille, en précisant au dos "solidarité Monoprix".

Lire aussi: "Mini procès pour maxi grève chez Monoprix" l'Humanité, le 29 septembre

Une verveine, et au lit ? Ou à la lutte, chez Monoprix !

Quand les publicitaires rhabillent les produits du magasin... et font un bras d’honneur aux smicards qui y triment !

«Reblochon d’origine contrôlée : parfumez votre frigo », « Beurre doux extrafin goûté et approuvé par le Petit Chaperon rouge », « Deux cheese-burgers spécial micro-ondes à réchauffer surgelés : chez Monoprix, on est parfois à l’Ouest », « Saumon fumé avec ce saumon, c’est kilt ou double », « Petits-suisses nature 12 pots de 60 g : déroulez jeunesse », « Lait demi-écrémé : on prévoit un nuage de lait dans le thé », « Cœur de laitue + 30 % gratuit : elle a eu son augmentation », etc. Avec leurs couleurs vives, leur pari tout en typo et ces petites blagues jouant la connivence avec l’acheteur, les nouveaux emballages de la marque distributeur Monoprix font un tabac chez les bobos. L’enseigne de grande distribution, contrôlée à parts égales par les groupes Galeries Lafayette et Casino, a récemment pris le contrôle, en l’enveloppant complètement d’une édition du quotidien Libération sous le titre « Non au quotidien quotidien » ; ou encore fait atterrir une gigantesque boîte de tomates pelées devant le Centre Pompidou à Paris, comme en hommage au roi du pop art, Andy Warhol...

Un bon gros coup de fils de pub ? Pas seulement ! Depuis quelques semaines, des salariés de Monoprix, des femmes pour une écrasante majorité, à temps partiel ou à temps complet, payées au ras des pâquerettes du smic, mettent en rayon une boîte de 25 sachets de verveine. « L’infusion qui vous fait oublier qu’on ne vous a pas augmenté cette année », jure l’entreprise. Las ! Les petites mains des Monop’ ne goûtent guère la plaisanterie, d’après le Parisien d’hier posté dans un des magasins du groupe : « Ils se foutent de nous depuis des années, mais là, c’est quand même tordu », dénonce une employée avec plus de vingt ans d’ancienneté. Alors que ces derniers mois plusieurs grandes surfaces de l’enseigne ont été secouées par des conflits sociaux sur les salaires, cette faute de goût, pour le moins, pourrait raviver les braises. Chez Monoprix, qui voit son chiffre d’affaires et ses profits augmenter chaque année, les motifs d’indignation ne manquent pas pour les salariés. À Marseille, au cours d’une longue grève de vingt-deux jours qui, début octobre, s’était soldée par une victoire, les chiffres avaient fait scandale : une caissière travaillant trente heures par semaine avec quinze ans d’ancienneté ne touche que 850 euros ; et sa collègue, avec quarante ans dans la boîte, à trente-cinq heures par semaine culmine à 1 100 euros !

« On fait quoi pour vous aujourd’hui ? » se demandent encore les publicitaires de Monoprix. Des farces pour le consommateur, des bras d’honneur au personne ? Alors que les négociations annuelles obligatoires sur les salaires doivent s’ouvrir dans le groupe à la fin du mois, les salariés réclameront sans doute autre chose qu’une petite verveine avant d’aller se coucher...

Thomas Lemahieu

 

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Par nidieuxnimaitrenpoitou.over-blog.com - Publié dans : la lutte c'est classe !
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