La CGT veut être en première ligne contre le FN

Publié le par nidieuxnimaitrenpoitou.over-blog.com

Mener une « contre offensive rigoureuse et vigoureuse »


  face à la montée du FN. Tel est l'objectif que Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, a affiché lors de la journée organisée jeudi 19 janvier par l'Institut d'histoire sociale de la centrale (IHS), baptisée « Le Front national démasqué par l'histoire ». « Toutes les occasions doivent être saisies pour réaffirmer qu'il n'y a aucune place ni dans notre point de vue, ni dans notre pratique, pour le racisme, pour la xénophobie, pour l'autoritarisme », ces « traits hideux de l'extrême droite », selon M. Thibault, qui sont aussi, pour lui, ceux du FN. « Si nous n'avons nulle intention de stigmatiser les salariés séduits par le discours du FN, nous avons la ferme volonté de discuter avec eux de la vraie nature de ce parti et de ses objectifs, et de les convaincre de la nocivité de ses projets », a ajouté M. Thibault.

« La réponse à la crise du système capitaliste n'est pas l'émergence d'un pouvoir autoritaire avec une cheftaine à sa tête », a continué le secrétaire général. « L'extrême droite française,notamment représentée par le Front national et en quelque sorte incarnée par Marine Le Pen, constitue une mouvance politique délétère pour le monde du travail », a-t-il ajouté, poursuivant : « Il n'est donc pas envisageable, au nom de la liberté d'opinion dans la CGT que celle-ci puisse être représentée, à quelque niveau que ce soit, par des militants revendiquant publiquement leur adhésion au concept de préférence nationale »

 . Une référence à « l'affaire » Fabien Engelmann, qui a remué la CGT au l'an dernier (voir ici et ).

Pour lui, la CGT est l'antithèse de l'extrême droite: « La CGT se réclame de l'internationalisme, de la solidarité entre travailleurs de toutes origines, d'une vision du monde structurée par le clivage de classe et non par celui des frontières nationales », a ainsi affirmé M. Thibault, disant la fierté que la CGT a d'avoir porté à sa tête Henri Krasucki, et d'avoir eu comme militant Missak Manouchian, tous deux héros de la Résistance.

Un Bernard Thibault très offensif donc, qui a suivi de bout en bout les travaux des spécialistes invités, comme l'historien Jean-Paul Gautier, le sociologue Sylvain Crépon, ou encore Jérôme Beauvisage et René Mouriaux tous deux membres de l'IHS-CGT.

C'est un geste politique fort au moment où Marine Le Pen revient à l'offensive dans l'électorat ouvrier, avec des actions comme celle du mercredi 18 janvier devant l'usine PSA à Sochaux (voir l'article de notre correspondant Jean-Pierre Tenoux). La candidate du FN ne se prive d'ailleurs jamais d'attaquer les syndicats, CGT en tête, promettant, si elle est élue, de favoriser la naissance de « syndicats libres ». Un euphémisme pour désigner des structures qui seraient compatibles avec les idées défendues par le parti d'extrême droite.

Le leader de la CGT est en tout cas inquiet de la montée du FN à la base (voir ici). D'ailleurs, la salle était pleine de plusieurs centaines de personnes, et la CGT a dû, selon elle, refuser l'accès à 150 personnes. C'est dire si la préoccupation dans les rangs cégétistes est réelle. La réponse à la montée du FN a aussi été au programme lors de la rencontre entre Bernard Thibault et François Hollande le 9 janvier.

Une inquiétude que semble en tout cas partager Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche. Ainsi, lors de son discours à Metz le 18 janvier, il a multiplié les attaques contre Marine Le Pen (Voir ici ). Et l'un de ses lieutenants, l'élu parisien Alexis Corbière, vient d'ailleurs de publier un livre de décryptage du discours de Marine Le Pen intitulé Le parti de l'étrangère : Marine Le Pen contre l'histoire de France, (Tribords éditions, 176 pages, 6 euros.)

 

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