Partager l'article ! Grèce: des néo-nazis au Parlement et une grande colère contre l'Europe: Comme l'explique le Guardian, la politique d'austérité me ...
Comme l'explique le Guardian, la politique d'austérité menée en Grèce depuis deux ans a été massivement censurée dimanche 6 mai lors des élections législatives. Les électeurs ont exprimé leur colère en votant massivement pour les partis d'exrême droite et d'extrême gauche et en laminant les positions des deux partis traditionnels. Les néo-nazis grecs font ainsi leur entrée au parlement.
La Nouvelle Démocratie (droite) qui s'est engagée comme le Pasok socialiste auprès de l'Union européenne à poursuivre la politique de rigueur, est bien, comme prévu, le premier parti de Grèce. Mais son score est très bas et elle recueille seulement 18,8% des voix. Dans le même temps, le Pasok a obtenu 13,2% des suffrages. Au total les deux partis de gouvernement ont 149 sièges et il en faut 151 pour constituer une majorité. Ce résultat ne permet pas à la Nouvelle Démocratie et au Pasok de constituer un gouvernement stable indique le Guardian.
«Les partis au pouvoir ont été frappés par un tremblement de terre. Il a écrasé le Pasok et a envoyé une forte secousse à la Nouvelle Démocratie», déplore le ministre des Affaires étrangères, Panos Panagiotopoulos sur la chaîne de télévision grecque Méga. Le risque est aujourd'hui grand de voir réduits à néant les efforts de redressement des finances du pays pour qu'il évite la faillite et reste au sein de la zone euro. En-dehors du Pasok et de la Nouvelle Démocratie, les programmes de l'ensemble des autres partis, qui ont donc une majorité au Parlement, passent au mieux par la renégociation des accords avec l'Union européenne et, au pire, la sortie de la zone Euro.
Les grands gagnants de ces élections sont les petits partis. Ce scrutin, dominé par la contestation des mesures d'austérites, permet à la gauche radicale Syriza de devenir la deuxième force politique du pays avec 16,3% des voix. Dans son premier discours, Alexis Tsipras, leader du parti Syriza, s'est adressé avant tout à l'Allemagne:
«Les Grecs sont dignes, ils n'ont pas à être humiliés par la rigueur, ils ne veulent plus de l'austérité.»
La Grèce est dans sa cinquième année de récession. Un travailleur sur cinq est au chômage, les banques sont dans une situations précaire, les retraites et les salaires ont été réduits jusqu'à 40%.
Quant au parti communiste le KKE, il progresse et représente 8,5% des suffrages.
Enfin, d'après l'AFP, pour la première fois, depuis la fin de la Dictature des colonels en 1974, le parti néo-nazi Chryssi Avghi (Aube Dorée), entre au parlement, avec 7% des voix, ce qui en fait le sixième plus grand parti avec 25 sièges. Ce parti plafonnait encore à 0,29% aux dernières législatives de 2009. Le dirigeant du parti, Nikos Mihaloliakos, a affirmé dimanche soir que son parti allait lutter contre «l'esclavage» imposé par les pays de l'Union européenne en échange de leur aide financière.
in le monde repris sur slate
Les Grecs ont désavoué les deux partis aux manettes du pays, sanctionnés pour avoir imposé au pays une cure d'austérité draconienne. Pour la première fois, le parti d'extrême droite "Chryssi Avghi" (Aube dorée) entre au Parlement. Le parti réalise un score de 6.9% qui lui permet d'obtenir 23 députés. Explications de Jean-Yves Camus, spécialiste de l'extrême droite.
Le parti "Chryssi Avghi" est qualifié de néonazi, le terme est il approprié?
- Le terme néonazi est souvent utilisé à des fins polémiques. Il a été galvaudé ces dernières années. Mais là, il s'impose. On trouve parmi les ouvrages de référence de ce parti "Mein Kampf" et de nombreux pamphlets antisémites. C'est un mouvement né au début des années 1980 qui, au début, a fait part d'une très grande radicalité. Et qui n'est pas totalement rangé. On a pu voir de nombreux débordements violents pendant cette campagne. Ils prônent, non pas une maîtrise des flux migratoires, mais un renvoi de tous les étrangers. Ils ont longtemps été membres du Front national européen dont la principale composante était le NPD Allemand (héritier du parti fasciste).
Comment peut on expliquer cette poussée historique?
- Il n'y a bien sûr pas 7% des Grecs qui s'identifient aux néonazis. La cure d'austérité que subit le pays a joué un rôle important. En Grèce, elle est vécue comme imposée par l'extérieur, en l'occurrence l'Europe. Une partie de la population n'accepte pas cette "mise sous tutelle" du pays. Ensuite, ils bénéficient de la chute du Laos, le parti d'extrême droite classique. Aux dernières élections, ils avaient obtenu 15% et, là, ils n'ont fait que 3%. Entre-temps, ils ont participé à un gouvernement de coalition et donc mis en place l'austérité. Et même s'ils ont démissionné par la suite, les Grecs ne leur ont pas pardonné. Le dernier facteur, c'est une campagne très active dans la rue et notamment dans les quartiers les plus défavorisés.
Que peut-on dire de leur leader, Nikolaos Michaloliakos?
- Il a toujours milité dans des partis d'extrême, même pendant la dictature des colonels. C'est un des fondateurs du parti. Il a connu la prison pour des violences politiques. Il a également été expulsé de l'armée pour détention illégale d'armes et d'explosifs.
Quelles seront les conséquences de l'entrée au Parlement de ce parti?
- Eux vont utiliser l'Assemblée comme une tribune pour faire progresser leurs idées. Ils n'entreront évidemment pas dans un gouvernement. Les mésaventures du Laos ont montré que ce n'est pas la chose à faire. Le danger c'est de voir se multiplier les actions violentes dans la rue. Les militants fascistes peuvent se sentir puissants et d'une certaine façon légitimée. On risque aussi de voir un pays ingouvernable et un chaos politique qui pourrait même, situation extrême, pousser les militaires à sortir des casernes. C'est une hypothèse très peu évoquée mais pas totalement à exclure
lu sur le nouvel obs'
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