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Extrême droite, nouvelle droite, droite radicale... CQFD
A l'occasion de l'élection présidentielle française, et le succès de Marine Le Pen au premier tour (le 22 avril dernier), un débat s'est
ouvert - à nouveau - sur les termes à utiliser pour définir le courant idéologique et politique auquel elle appartient. État des lieux des nominations justifiées pour comprendre la situation
actuelle.

Depuis toujours des leaders de la droite radicale ont émergé de diverses manières dans le paysage politiques de plusieurs pays – Montage : Ridaf / RésistanceS.be
De quelle(s) idéologie(s) sont Marine Le Pen, son Front national, le PVV (Parti pour la liberté hollandais) de Geert Wilders, l'UDC (Union
démocratique du Centre) en Suisse, le FPOë (Parti de la liberté autrichien)... ?
L'identification de la juste appartenance politique de ces partis - qui ont le vent en poupe aujourd'hui en Europe - est essentielle. Pour comprendre leurs succès et déceler les dangers qu'ils
représentent pour nos libertés collectives et individuelles. Tentons donc de faire le point.
Droite radicale : la grande famille
Ces partis peuvent être classifiés sous le vocable général de «droite radicale». Cette dernière se compose de :
Marine Le Pen (et son Front national), venant en droite ligne de la première composante de la droite radicale, tente désormais de prendre les oripeaux de la seconde. Pourquoi ? Tout simplement parce que cette droite est plus porteuse sur le plan électoral et pourrait permettre la «dédiabolisation» du Front national français, donc son arrivée au pouvoir. C'est dans cette perspective que le FN mariniste changera prochainement de nom : en Alliance pour le rassemblement national ou Parti populaire...
Points de différence
Entre l'extrême droite traditionnelle et la nouvelle droite populiste,
il existe des spécificités. Souvent secondaires par rapport aux points de convergences.
La première est résolument «antisystème» et ambitionne de ne jouer qu'un rôle d'opposition, d'empêcheur de «politiser en rond». Elle a le but de secouer de temps en temps le cocotier. D'agir, en
résumé, comme un contre-pouvoir permanent. La seconde, la nouvelle droite national-populiste, a mis en place une stratégie pour réellement arriver au pouvoir, avec d'autres forces politiques de
droite, mais sous sa domination.
Les corpus idéologiques de fondation de ces deux composantes de la droite radicale ne sont pas identiques (l'un est «fascisant», l'autre «nationaliste libéral»). Leur programme respectif sur
l'immigration varie : l'extrême droite est clairement d'essence raciste et pour l'établissement d'un «apartheid planétaire» (sur la base du «chacun chez soi»). La seconde est xénophobe, mais
pourrait accepter en cas de nécessité socio-économique (pour le bon fonctionnement du système économique) une immigration de main-d'œuvre étrangère. Cependant, cette dernière devrait être
rigoureusement sélectionnée, contrôlée, ghettoïsée et temporaire, avec un retour immédiat au pays d'origine dès que le travail aura été accompli.
La nouvelle droite, contrairement à l'extrême droite historique, s'est lancée dans nouveaux combats. Née après Mai-68, et s'adaptant aux nouvelles valeurs de notre société, cette droite, certes toujours pure et dure, défend maintenant les principes de la laïcisation de l'État, les droits des minorités (régionales, homosexuelles...) et l'égalité des droits entre les hommes et les femmes. Ce retournement d'angle d'attaque est cependant que cosmétique. Cette droite puriste reste intrinsèquement conservatrice et a toujours la même optique : cibler le pouvoir, la démocratie, les non-nationaux, les cultures et les religions non-européennes. Le socle de cette stratégie reste la défense de l'Europe chrétienne.
Pour la droite fascisante, le rôle de l’État dans la gestion du pays est central (c'est la base du Parti national fasciste italien de Mussolini, le fondateur du fascisme). L'extrême droite traditionnelle revendique donc un «État fort». La «nouvelle droite» national-populiste propose une organisation de la société sur la base d'une ligne plus libérale (au fait ultra-libérale, dont les mentors sont aujourd'hui encore l'ex-président républicain des États-Unis Ronald Reagan, et l'ancienne première ministre conservatrice anglaise Margaret Thatcher). Pour cette droite radicale, l'État sera de pacotille et le secteur privé sera roi. La tâche de l’État sera uniquement de garantir la «paix sociale» au bénéfice des entreprises. Il s'occupera alors essentiellement de la sécurité (via une police et une armée omnipuissantes) et de la justice. Donc de la répression en cas de mouvements de protestation et d'opposition...
La droite radicale a toujours besoin de leaders charismatiques. Même l'ancien dictateur irakien deviendra une icône de l'extrême droite, comme le montre cette récente affiche parisienne (à droite). Archives : Ridaf / RésistanceS.be
Points de convergence
La dureté de leurs slogans est similaire. La désignation simplistes des
responsables (selon eux) des maux de notre société (fermetures d'entreprises, montée du chômage, insécurité, questionnement identitaire, hold-up des holding bancaires sur les finances
nationales...) est systématique pour les deux composantes de la droite radicale. C'est «l'Autre» (l'étranger, le non-national, les chômeurs...) et les élites (les gouvernements, les médias,
les universitaires, la gauche...) qui sont ciblés comme les uniques coupables.
Sous la forme de slogan primitif, extrême droite traditionnelle comme nouvelle droite national-populiste, elles usent et abusent de discours
populistes, antipolitiques, xénophobes et islamophobes (en remplacement de la dénonciation de l'«invasion étrangère» d'antan). Ces deux droites radicales fonctionnent (et perdurent) en
s'arc-boutant sur des solutions «YaKa» et la dénonciation en boucle de ce que je nomme comme étant le «triple i» : Immigration–Islam–Insécurité.
Libéralisme inégalitaire et fascisme modernisé
Au final, elles restent partisanes d'un contrôle strict et d'une limitation rigoureuse des libertés individuelles et collectives des citoyens
(résidents de nationalités étrangères, comme nationaux «de souche» !). Leur «vision» (options) de l'organisation de la société est absolument autoritariste.
Extrême droite traditionnelle comme nouvelle droite national-populiste revendiquent clairement l'instauration d'un régime de gouvernement
autoritaire... Sous les formes d'un «État Big Brother», voguant en zig-zag d'un libéralisme inégalitaire à un fascisme modernisé.
Manuel ABRAMOWICZ
ResistanceS.be, l'Observatoire belge de l'extrême droite
repris par l'armure
rit
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