Elargir, organiser la résistance contre le système capitaliste

Publié le par nidieuxnimaitrenpoitou.over-blog.com

 

 

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La mondialisation s’est accélérée de façon considérable. Le capital financier a pénétré tous les secteurs de l’économie, y compris l’économie informelle. La concurrence entre monopoles et le rapport de plus en plus inégal entre ce que rapporte le travail et ce que rapporte la finance conduit le capital financier à restructurer son appareil de production, entraînant la destruction massive d’emplois, les délocalisations.
Qui va payer la crise capitaliste ?

La crise éclate, alors les Etats capitalistes viennent au secours du capital financier en prélevant de plus en plus d’impôts et taxes. La crise est celle du système, car la production est loin de satisfaire les besoins minimum d’une majorité de la population, et mêmes les besoins vitaux de centaines de millions d’hommes et de femmes à travers le monde.


L’Etat capitaliste détruit ou diminue les prestations sociales, démantèle, privatise les services publics. Pour juguler les protestations et les révoltes, ils promulguent des lois fascisantes, développent une politique de répression de plus en plus brutale, reprenant les thèses du Front National. Nous sommes dans une période intermédiaire entre démocratie bourgeoisie et fascisme déclaré, une période où le fascisme se met en place, se construit, se développe dans tous les pays d’Europe en prenant des formes différentes. Ce processus de fascisation se structure sur le plan économique, politique, idéologique. C’est un processus qui est renforcé par la conciliation des grosses centrales syndicales (les fameux « partenaires sociaux ») et la mise au pas forcée des travailleurs au service du Capital. Nous nommons ce processus fascisme moderne.

Concurrence inter-capitaliste

Les impérialistes se battent pour l’exploitation des matières premières stratégiques et des ressources naturelles des pays d’Afrique, d’Amérique du Sud et du centre, d’Asie du Sud. Ainsi, les agro-industriels accaparent les terres arables en même temps que se produit la spéculation sur les denrées alimentaires, utilisent des terres agricoles pour produire du carburant « écologique », provoquant famines et émeutes de la faim. En Afrique, les impérialistes ont mis en place des gouvernements à leur solde, des « chiens de garde » qu’ils renversent, assassinent quand ceux-ci ne défendent plus leurs intérêts. Cela provoque des guerres civiles qui déciment les populations, des massacres de populations civiles, des conflits ethniques dirigés par des « seigneurs de la guerre », armés chacun par leurs protecteurs impérialistes. C’est la poursuite de la politique coloniale sous une autre forme que nous nommons le « colonialisme moderne », que d’autres appellent le néo-colonialisme.

 

MAIS OU IL Y A EXPLOITATION ET OPPRESSION Il Y A RESISTANCE !

 

Les luttes pour le travail

Toutes les manœuvres de la bourgeoisie ne peuvent empêcher le durcissement de la lutte des classes. Les réformistes conciliateurs sont utilisés comme pare-feux par la bourgeoisie.

Les grèves et luttes se multiplient contre les mesures de rigueur prises par le gouvernement - rigueur qui signifie en réalité faire payer aux travailleurs les « déficits » des banques et autres coûts des restructurations. De puissantes grèves grandissent en quantité, en qualité. Les grèves catégorielles cèdent la place à des grèves élargies à d’autres catégories. Des grèves contre les licenciements se sont multipliées, des syndicalistes ont su regrouper dans un front uni l’ensemble des travailleurs, syndiqués et non-syndiqués, comme à Continental où ils ont formé un comité de lutte, établi une coordination avec les ouvriers de Goodyear, de Molex, de Total Dunkerque. Ces luttes ont été dirigées par des délégués combattifs, souvent CGT, mais aussi FO (Teleperformances), CFDT, CFTC, Solidaires, etc. Ils ont été abandonnés ou attaqués par les Confédérations.

La grande grève contre la « réforme » des retraites suivie par deux millions de personnes durant deux mois a été freinée, pour ne pas dire liquidée, par les directions confédérales CGT et CFDT qui, en prétextant que l’on ne décrète pas une grève générale, n’ont pas voulu préparer idéologiquement les masses pour déclencher le blocage de l’économie, comme les ouvriers l’avaient fait en 1936 ou 1968. Les centrales ont épuisé les grévistes par des manifestations répétées qui coûtent cher et démoralisent les travailleurs par leur inefficacité. Le résultat est que le gouvernement et le patronat n’ont pas reculé, que la réforme est passée. Le gouvernement a alors poursuivi son offensive et a renforcé la répression contre les jeunes, les délégués syndicaux.

Pourtant, les ouvriers des raffineries avaient ouvert la voie en bloquant la production et le transport du carburant. Un vaste mouvement de soutien s’était mis en place où les piquets de grève étaient mixtes (ouvriers de la raffinerie, mais aussi soutiens extérieurs - ouvriers d’autres usines, étudiants, professeurs, etc. Ceci montre qu’il est possible de préparer le blocage de l’économie en s’organisant par entreprise, zone d’activité, ville, département, région et dans le pays tout entier.

Les révoltes, les forts mouvements de masses comme celui contre la réforme des retraites sont freinés, encadrés, voire sabotés par les réformistes qui préparent les élections présidentielles, proposant des réformes qui ne peuvent régler la situation de crise du système capitaliste agonisant. Au lieu de mener la lutte pour l’achever, ils veulent le sauver en le rendant « humain », proposant de l’améliorer au travers d’une police de proximité, de multiples associations chargées de canaliser la révolte, de l’éteindre (« AC Le Feu » …).

Les luttes pour le logement

Au milieu de la paupérisation généralisée et de la précarité grandissante des couches populaires, les mal-logés sont jetés à la rue, des milliers sont expulsés, rejoignant les trop nombreux sans logements. Lorsqu’ils résistent, comme à la Courneuve, la municipalité tente de monter la population contre les expulsés. N’y parvenant pas, elle demande à la préfecture l’intervention de la police, relayée par « La Plaine Commune » regroupant 8 communes (4 PC, 2 PS, 1 Verts, 1 Divers droite). Les sans-logis font front pour être relogés. Une coordination s’établit entre ceux des Sorins et de Los Angeles à Montreuil, de La Courneuve, du foyer-taudis à Epinay. Ce mouvement peut s’étendre sur le département où il y a 50 000 logements vides, sur l’Ile de France, sur la France entière (2, 1 millions de logements vides). Il est possible de déclencher des occupations massives, appliquer la loi de réquisition « populaire » puisque l’Etat et les préfectures ne veulent pas l’appliquer.

Les luttes contre l’impérialisme

Dans le monde entier la colère gronde, les peuples se lèvent contre la dictature du capital. Le fantastique soulèvement des masses arabes a « dégagé » les « chiens de garde de l’impérialisme ». C’est le premier pas de la lutte du peuple pour son émancipation. La bourgeoisie compradore et bureaucratique n’a pas renoncé à exploiter et opprimer le peuple, appuyée par les impérialistes qui manoeuvrent en coulisse, ou interviennent militairement comme en Lybie. Au Maroc, le roi tente d’amadouer le peuple tout en réprimant. A Bahreïn, ce sont les « chiens de garde » de l’Arabie Saoudite et des émirats qui sont intervenus, au Yémen la lutte se poursuit ainsi qu’en Syrie où le régime fasciste tire sur les millions de manifestants (plus de 1500 morts), et ainsi de suite dans de nombreux pays en Afrique. En Asie se déroulent plusieurs guerres populaires dirigées par des partis maoïstes comme en Inde, au Philippines. Au Bengladesh et au Bhoutan la guerre populaire se prépare. Au Népal, l’abandon de la guerre populaire et le passage à la lutte parlementaire ont montré l’impossibilité d’établir pacifiquement la démocratie nouvelle, première étape de la construction du socialisme. La guerre populaire se poursuit au Pérou.

La faillite capitaliste

En Espagne, la surproduction de l’immobilier, la hausse vertigineuse du chômage, a provoqué une profonde crise. Un mouvement populaire de contestation sans précédent s’y déroule, connu sous le nom des « indignés ». Il regroupe des jeunes, des chômeurs, des retraités, des sans-abris, des étudiants, des fonctionnaires menacés. Ce mouvement se veut pacifique, ce qui n’empêche pas la garde civile de triste mémoire de matraquer ou d’arroser les manifestants avec des gaz lacrymogènes.

En Chine, les grèves, manifestations se comptent par dizaines de milliers, à la campagne ou dans les villes, contre les expulsions des pauvres, pour faire place aux spéculateurs, aux parvenus milliardaires issus des sphères du pouvoir ou enrichis par la politique de restauration capitaliste mise en route par Deng Xiaoping.

La bourgeoisie ne parvient plus à dominer le développement anarchique de la production, même en ralliant à son panache les renégats du communisme, les sociaux-démocrates. Elle dresse contre elle les couches populaires et même les classes moyennes qui voient leurs « privilèges » réduire comme peau de chagrin ; même les petits patrons, voire les bourgeois « éclairés », sentent que cette situation ne peut durer éternellement.

Ils ont cru pouvoir faire croire à « la fin de l’histoire », à la fin de la lutte des classes en profitant de la liquidation du socialisme dans les pays où il s’édifiait, masquant les aspects positifs et ne montrant que les aspects négatifs, mettant sur le même plan Hitler et Staline, attaquant Mao, mais cachant toutes les manoeuvres menées contre la révolution prolétarienne, contre les mouvements de libération nationale au cours des guerres coloniales menées depuis la fin de la seconde guerre mondiale jusqu’à aujourd’hui.

Malgré les moyens dont ils disposent et l’appui les conciliateurs au sein de la classe ouvrière et des « chiens de garde » qu’ils entretiennent dans les pays dominés, ils ont peur de la révolte généralisée. C’est pourquoi ils édifient une forme moderne de fascisme, au nom de la sécurité, de l’identité nationale, visant à désigner les immigrés, c’est-à-dire les classes pauvres et tous ceux qui contestent ce système, comme responsables de la faillite du système. Dresser une partie de la population l’une contre l’autre n’est pas une tactique nouvelle de la bourgeoisie, c’est la simple mise en application du principe de Machiavel « Diviser pour mieux régner ».
Les partis d’extrême droite se donnent des airs démocratiques pour tromper les masses, tandis que fleurissent les groupuscules fascistes et néo-nazis de plus en plus belliqueux, prêts à agir comme bandes armées du capital.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la lutte de classes se poursuit. Peu à peu, la prise de conscience que le système doit être balayé par la Révolution pénètre les esprits. Peu à peu se fait jour l’idée qu’on ne peut plus compter sur les élections, que les partis de gauche et ceux de l’extrême gauche officielle ne représentent plus la révolution. Ils sont partie prenante du système. Ils constituent une barrière qu’il faut écarter pour avancer.

La décantation s’opère peu à peu au sein des partis, syndicats et associations entre la masse des militants honnêtes, qui ne luttent pas pour une promotion, une place, un strapontin     au parlement mais pour changer la société, et les directions. Peu à peu apparait la nécessité d’une centralisation des forces contre la dispersion, l’effritement ou la disparition des structures sitôt une lutte terminée.

Stratégie révolutionnaire et Front unitaire de lutte

Il est possible de se révolter, mais sans stratégie révolutionnaire, la révolte est récupérée par des forces réformistes ou broyée par la réaction, les fascistes. C’est les leçons des révoltes ou des mouvements de libération nationale, dirigés par des réformistes petits bourgeois. Ceux qui ont pu renverser le système sont ceux qui étaient dirigés par un parti communiste.

Le Parti n’est pas suffisant car il ne regroupe qu’une minorité qui n’a qu’une seule chose de plus que les autres prolétaires. Il a « théoriquement, sur le reste du prolétariat, l’avantage d’une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien. […]

Les propositions théoriques des communistes ne reposent nullement sur des idées, des principes inventés ou découverts par tel ou tel réformateurs du monde.

Elles ne sont que l’expression globale des conditions réelles d’une lutte de classes existante, d’un mouvement historique évoluant lui-même sous nos yeux. »


(Manifeste du Parti Communiste - II - Prolétaires et Communistes, Karl Marx et Friedrich Engels, 1848)

Il doit impulser, soutenir la formation d’organisations indépendantes regroupant les travailleurs et les couches populaires, et aider à ce qu’elles se regroupent dans un Front Révolutionnaire Anticapitaliste/Antifasciste et Populaire pour sortir du bourbier dans lequel l’ont plongé les révisionnistes, les réformistes de tout poil.

Tout en s’appuyant sur les aspects positifs du mouvement communiste et ouvrier. Le Parti indique le but, éclaire la voie, mais il ne doit jamais oublier que « ce sont les masses qui font l’histoire », que ce sont-elles qui doivent briser l’appareil d’Etat de la bourgeoisie, instaurer celui du prolétariat pour instaurer le plus rapidement possible le communisme au niveau international.

« Si le prolétariat, dans sa lutte contre la bourgeoisie, se constitue forcément en classe, s’il s’érige par la révolution en classe dominante et, comme classe dominante, détruit par ma violence l’ancien régime de production, il détruit, en même temps que ce régime de production, les conditions de l’antagonisme des classes, il détruit les classes en général et, par là même, sa propre domination comme classe. » (Ibid.)

La révolution est possible par le développement continu des luttes pacifiques et non-pacifiques, légales et légitimes, défensives et offensives, en se dotant d’une organisation adéquate pour combattre la contre-révolution au cours d’une lutte populaire prolongée jusqu’à la prise du pouvoir car « sans le pouvoir tout est illusion ». Et il ne tombera pas tout seul.

 

PC maoïste de France

lu sur drapeau rouge

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